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Deinove va produire des biocarburants grâce à une vieille bactérie

La société Deinove met au point un biocarburant grâce à une bactérie aux propriétés idéales pour les industriels.

La société Deinove met au point un biocarburant grâce à une bactérie aux propriétés idéales pour les industriels. - -

La société, qui met au point un biocarburant économique conçu grâce à une bactérie vieille de milliards d'années, va toucher 6 millions d'euros de l'Etat au titre des investissements d'avenir.

Et si la clé de l'indépendance énergétique se trouvait dans une bactérie vieille de 4 milliards d'années? C'est le pari que fait Deinove, une société française spécialisée dans les technologies vertes, dont le nouveau directeur général, Emmanuel Petiot, était sur BFM Business ce mercredi 13 novembre (vidéo ci-dessous).

La société vient d'obtenir 6 millions d'euros de financement du gouvernement au titre des investissements d'avenir. Le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, s'en est félicité ce mercredi 13 novembre.

Le pari de cette "cleantech": produire des biocarburants à moindre coût. Les scientifiques ont trouvé un petit nom à l'organisme utilisé pour y parvenir: "Conan la bactérie".

Le déinocoque est plutôt du genre coriace. Issu du fond des âges, cet organisme a survécu 4 milliards d'années. Températures extrêmes, manipulations chimiques: rien n'altère ses propriétés. Il est même capable de se reconstituer après avoir subi des radiations.

C'est comme cela qu'on l'a découvert, lorsque dans les années 50, un chercheur américain irradie des boîtes de corned beef pour tenter de les stériliser. Rien à faire, la bactérie survit.

Cette quasi-invulnérabilité, c'est un rêve d'industriel, notamment dans les biocarburants. Pour produire du bioéthanol, on utilise normalement de la levure, qui résiste mal à la chaleur.

Le déinocoque, blindé comme un char d'assaut, est un substitut idéal pour produire des biocarburants plus performants et plus respectueux de l'environnement.

Il est par ailleurs vorace. Plus besoin d'utiliser les précieuses productions de blé ou de betteraves, la bactérie digère toutes sortes de déchets agricoles, qu'ils s'agissent de résidus de bois, de feuilles ou de racines.

Dernier avantage, malgré un nom un peu anxiogène, le déinocoque est parfaitement inoffensif. D'ailleurs ses champs d'application s'étendent au-delà du carburant. La société envisage de l'utiliser pour de nouveaux antibiotiques par exemple.

Anthony Morel et BFMbusiness.com