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Cybersécurité: entrez au cœur du centre opérationnel des JO d'hiver de Pyeongchang

À quelques jours de l'ouverture des Jeux Olympiques d'hiver de Pyeongchang en Corée du Sud, Atos est sur le pied de guerre. Et pour cause, le groupe français gère tout le volet numérique, depuis la retransmission des épreuves sportives jusqu'aux centaines de milliers d'accréditations. Il nous a ouvert les portes de son centre opérationnel, qui se trouve non pas en Asie, mais dans une rue discrète de Barcelone.

2018 est une année sportive, mais pas seulement. Elle sera aussi, selon les experts, particulièrement sensible sur le front des cyberattaques. Le groupe français Atos est bien placé pour le savoir. Il est le chef d'orchestre des systèmes informatiques mis en place pour les Jeux Olympiques. Les prochains Jeux d'hiver, qui se tiendront à Pyeongchang (Corée du Sud) à partir du 9 février, seront sous haute cybersurveillance.

Des milliards de personnes suivront cette compétition à la télévision, mais aussi sur un ordinateur, un smartphone, une tablette ou même sur une console de jeux. Où qu’ils se trouvent sur la planète, ils accèderont tous en même temps aux événements diffusés depuis l’Asie et partageront les informations sur les réseaux sociaux. Comme aime le rappeler Patrick Adiba, vice-président exécutif d'Atos, en charge du programme Olympique, "ce dispositif revient à créer une ville virtuelle de 200.000 habitants qui doit accueillir quatre milliards de touristes". Sans compter les 30.000 médias qui vont couvrir l'événement.

Pour Patrick Adiba, vice-président exécutif d'Atos, en charge du programme olympique, le dispositif mis en place "revient à créer une ville virtuelle de 200.000 habitants pour accueillir quatre milliards de touristes»
Pour Patrick Adiba, vice-président exécutif d'Atos, en charge du programme olympique, le dispositif mis en place "revient à créer une ville virtuelle de 200.000 habitants pour accueillir quatre milliards de touristes» © Atos

Le groupe nous a ouvert les portes du centre opérationnel où tout est organisé. Pas besoin de se rendre en Asie pour le découvrir. Il se trouve à Barcelone, dans une petite rue discrète à 5 minutes à pied de la Sagrada Familia. Il est relié à un autre centre technique d'Atos, basé à Madrid, qui a testé le système et aux datacenters des services cloud d'Atos basés aux Pays-Bas. "Nous avons installé le cœur de notre système informatique en Espagne en 1992 lors des Jeux de Barcelone et nous avons décidé d’en faire le noyau dur de notre réseau", a expliqué à BFMBusiness.com Patrick Adiba. Les 340 membres des équipes madrilènes et barcelonaises d'Atos sont dirigés par Angel Martin, directrice générale d'Atos en Espagne.

Faire face à 400 événements par seconde

C'est donc à Barcelone que des trillions de données provenant de Pyeongchang seront scrutés jusqu'au moindre octet. Les équipes y travailleront 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7 pour assurer la diffusion des informations et des scores dans chaque discipline, mais aussi les services généraux numériques de l'évènement comme les 200.000 accréditations fournies aux équipes et au personnel du village olympique. Autant de données techniques et personnelles à protéger.

"Nous faisons évoluer nos systèmes en permanence pour nous adapter aux évolutions de la société numérique", indique Patrick Adiba en révélant qu'en 2016, à Rio, Atos a fait face à 570 millions d'événements en 17 jours, soit 400 par seconde. "Nous appelons 'évènement', l'ensemble des incidents plus ou moins importants qui peuvent survenir", précise Patrick Adiba. "Les cyberattaques ne sont pas les seuls dangers. Il y a aussi les coupures de courant, l'absence imprévue d'un membre de nos équipes, les erreurs humaines ou des risques météorologiques. Il s'agit de tout ce qui pourrait avoir un impact sur les Jeux", poursuit-il.

Gérer le présent en anticipant l'avenir

Pour faire face à ce raz-de-marée de problèmes numériques, les hommes ne sont pas seuls. Ils s'appuient sur une intelligence artificielle capable d'anticiper et même de prendre une décision s'il le faut. La même information circule sur quatre réseaux et si un évènement douteux est détecté sur un serveur, il est isolé et un autre prend le relais dans la milliseconde.

Chaque année, les risques évoluent en même temps que les imprévus surgissent et que l'innovation progresse. La faille des processeurs Intel est suivie de près, de même que l'arrivée prochaine des ordinateurs quantiques. "Quand ils seront disponibles, ils pourraient casser les clés de sécurité", estime Patrick Adiba. "Pour gérer le présent, il faut anticiper l'avenir et pour cela, nous devons imaginer ce qu'il se passera dans 20 ou 30 ans", ajoute-t-il.

Cette méthode est indispensable pour assurer le service pour chaque compétition, qu'il s'agisse des jeux d'hiver ou d'été jusqu'en 2024 pour les Jeux Olympiques de Paris qui marqueront la fin de la concession accordée à Atos par le CIO.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco