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Coût, rapidité, innovation… les raisons d’adoption du cloud computing

Les entreprises peuvent s'appuyer sur le cloud pour résister aux fortes pressions concurrentielles sur leurs marchés et développer des services innovants et à moindre coût.

Les entreprises peuvent s'appuyer sur le cloud pour résister aux fortes pressions concurrentielles sur leurs marchés et développer des services innovants et à moindre coût. - AFP

La facilité de mise en œuvre et la maîtrise des prix figurent parmi les facteurs qui encouragent les entreprises à passer au cloud pour la gestion de leurs données et de leurs applications logicielles.

Avec une croissance de 23% par an entre 2014 et 2018, l'avenir du marché du cloud public s'annonce plutôt radieux dans la zone Europe-Afrique- Moyen-Orient, selon une étude du cabinet IDC. Ce dynamisme s’appuie sur huit facteurs d’adoption. "Pour moi, le premier moteur est la rapidité de mise en œuvre. Les entreprises sortent d’un cycle logiciel, qui les avait amenées à créer des mini-sociétés de service en interne. Elles ont à présent une démarche consumériste, leur métier n’est pas de faire l’informatique, elles recherchent donc des solutions rapides à mettre à place afin de gagner en productivité", estime Pierre-José Billotte, directeur associé chez Sourcia, une société de sécurisation de déploiement du cloud. Vincent Berny de GFI Informatique approuve : "l’intérêt du cloud est de mettre à disposition des applications déjà intégrées, disponibles immédiatement, sans avoir besoin d’investir dans un système d’information et dans l’intégration de celui-ci".

Le second levier d’adoption identifié est, sans surprise, le coût. "Les entreprises sont soumises à des pressions concurrentielles relativement fortes sur leurs marchés. En externalisant, on tient compte d’un prix convenu au départ et l’on maîtrise davantage le coût. Cela est particulièrement vrai pour de grandes entreprises qui peuvent escompter une réduction de coût de 25 à 30%", poursuit Pierre-José Billotte. Pour une PME, le cloud permet un accès à des logiciels inaccessibles ou inconnus auparavant.

Flexibilité et rapidité d'exécution

L’hébergement à distance des données et des applications induit par ailleurs une disponibilité permanente, quelle que soit l’heure ou l’endroit. "L’ubiquité du service améliore la productivité et le confort d’utilisation. Cela est aussi un facteur d’adoption important", souligne Pierre-José Billotte. Lors d’une scission d’entreprise également, la flexibilité, la rapidité d’exécution et la scalabilité que confère le cloud computing pousse souvent les sociétés à l’utiliser. "Des contraintes juridiques imposent au vendeur de maintenir un accès aux ressources à l’acquéreur. Ce besoin de provisions dans des délais brefs induit une propension à aller vers une solution externalisée", précise Olivier Cazzulo, président de la société de conseil NetSystem.

La sécurité physique figure également parmi les raisons d’adoption, contrairement aux idées reçues. De nombreuses entreprises n’ont qu’un seul site où placer leurs serveurs. Or, en cas de catastrophe naturelle, d’incendie ou de panne d’électricité, l’hébergement à distance des données assure une continuité de l’activité, d’autant que les données peuvent être plus facilement dupliquées dans plusieurs datacenters si le contrat le prévoit.

Les DSI sous la pressions de leurs directions métiers et des fournisseurs

Enfin, le rapport du Cigref paru le 12 octobre identifie trois autres facteurs d’adoption : la pression exercée par les métiers, celle des fournisseurs, et la facilité de test. Les services marketing en particulier, peuvent ainsi chercher à se débarrasser des contraintes imposées par la DSI en interne en passant directement commande en ligne pour des services. "La mise en œuvre de clouds publics tournés vers les clients leur permet d’être agiles et réactives face au marché et aux besoins changeants des utilisateurs", note le Cigref. De leur côté, les fournisseurs proposent parfois des offres univoques qui ne fonctionnent qu’avec le cloud. "Certains fournisseurs de cloud externes jouent sur l’effet volume pour pouvoir proposer des offres agressives. Ils cherchent à placer leurs offres auprès d’un maximum d’entreprises", précise ce rapport.

Enfin, cet hébergement à distance et à la demande est un vecteur d’innovation, il favorise le "test and learn" et le "test and run", dans un environnement où les entreprises s’intéressent davantage aux usages qu’aux infrastructures. De nouveaux concepts peuvent être testés plus rapidement, sans impacter le système d’information existant.

Adeline Raynal