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Concurrence: Google rejette en bloc les accusations de l'UE

La réponse de Google à Margreth Vestager, commissaire européenne à la concurrence est claire: ces accusations sont erronées!

La réponse de Google à Margreth Vestager, commissaire européenne à la concurrence est claire: ces accusations sont erronées! - Justin Sullivan - Getty Images North America/AFP

Google répond aux accusations de pratiques anticoncurrentielles de son moteur de recherche. Le groupe estime que les affirmations de l'Europe sont "erronées dans les faits, le droit et l'économie".

Le délai accordé à Google par la Commission européenne pour répondre aux accusations de pratiques anticoncurrentielles sur les offres commerciales de son moteur de recherche arrive à terme. Google est à l’heure pour sa réplique. Comme beaucoup s’y attendaient, le groupe réfute en bloc les charges de Margreth Vestager, commissaire européenne chargée de la concurrence. 

Dans un message publié sur le blog du groupe, Kent Walker, senior vice-président de Google, contre-attaque vivement. "Nous ne pouvons être d’accord avec ce dossier qui manque de preuves et limiterait notre capacité à améliorer nos produits, simplement pour satisfaire l’intérêt d’un petit nombre de sites". Il précise néanmoins être "déterminé à travailler avec la Commission dans l’espoir de résoudre les questions soulevées et sommes désireux de poursuivre nos discussions."

La porte d’entrée vers le web, c’est plutôt Amazon !

Plus précisément, Google estime que l’internaute, ou plutôt le consommateur, est totalement libre de ses clics et navigue où bon lui semble sans nécessairement utiliser Google comme porte d’entrée sur Internet. Kent Walker prend l’exemple de l’Allemagne et des États-Unis, où selon des études menées auprès des utilisateurs, la porte d’entrée vers le web, c’est Amazon ! En Allemagne, "un tiers des consommateurs en ligne vont d’abord sur Amazon, peu importe où ils se rendent ensuite pour finaliser leur achat. Seulement 14,3% vont d’abord sur Google, et 6,7% sur des sites de comparaison des prix". Aux États-Unis, ce passage par les boutiques en ligne de Jeff Bezos touche 55% des consommateurs américains.

Quant à la possibilité de comparer les prix, Google rappelle que si la Commission européenne "prétend aussi que les utilisateurs n’utilisent pas Amazon", les outils créés par le vendeur en ligne font de lui un concurrent redoutable pour les commerçants européens. "Ce n’est pas étonnant que lorsque Amazon et les autres concurrents se développent dans les pays européens, le trafic vers des sites proposant seulement des comparaisons de prix baisse". Et pour lui, "la poignée des sites de comparaisons de prix qui sont plaignants dans le dossier ne reflète pas l’état plus large du marché".

Cette réponse ne concerne que le dossier portant sur les accusations de pratiques anticoncurrentielles sur le shopping réalisé sur le moteur de recherche. Dans les prochains jours, Google devra aussi répondre à la notification des griefs sur son OS mobile Android. Et pour Kent Walker, "ces dossiers concernent des allégations et des questions de fond différentes, mais reposent de manière identique sur quelques plaintes seulement pour justifier des allégations juridiques plus génériques." 

Pascal Samama
https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco