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Comment quitter sans douleur son prestataire de cloud 

Les entreprises peuvent difficilement aujourd'hui transférer des données d’un prestataire de cloud vers un autre.

Les entreprises peuvent difficilement aujourd'hui transférer des données d’un prestataire de cloud vers un autre. - Pixabay

Quitter l'informatique en nuages et récupérer ses données enregistrées dans le cloud pour les rapatrier chez soi ou chez un autre fournisseur n’est pas une démarche évidente. Ce procédé dit de réversibilité doit être pensé en amont.

Louer un logiciel en ligne n'est pas le projet le plus compliqué lorsque l'on décide de faire appel à une prestation en mode cloud. "Le ticket d’entrée de ce procédé Saas (Software a s a service) n’est pas élevé. En sortir peut se révéler très onéreux et techniquement rédhibitoire, prévient Skander Guetari, architecte entreprises dans les services d’infrastructure chez Capgemini France. Les entreprises qui ne prennent pas les précautions préalables qui s’imposent peuvent se retrouver piégées". D’un point de vue économique, la réversibilité et la portabilité des données doivent donc être intégrées dans la calcul du coût total de possession d’un logiciel à la demande.

D’un point de vue technique, Capgemini recense deux approches adoptées par les entreprises. Soit les clients s’assurent que les solutions intègrent la réversibilité by design, c'est à dire que toute donnée écrite sur le cloud de leur prestataire est automatiquement copiée sur leur système d’information; soit elles indiquent contractuellement les conditions de restitution des applications et des données (type de media, format, durée…).

La portabilité est encore très complexe à mettre en oeuvre

Quant au transfert de données d’un cloud vers un autre? "Aujourd’hui, c’est presque utopique, estime Skander Guetari. Il faudrait pour cela que les opérateurs de cloud respectent le format de virtualisation OVF (Open Virtualization Format). Mais sa mise en place est si complexe qu’ils sont encore réticents à le mettre en oeuvre". Pourtant, Capgemini a montré que l’opération est réalisable. L'ESN française a ainsi transféré en quelques minutes, une application depuis son propre cloud vers celui d’Amazon, puis de celui d’Amazon vers celui de Microsoft. Pour que tout se passe bien, il a juste fallu que l’entreprise s’assure que son application, où les fonctionnalités qu’elle souhaitait envoyer dans le cloud respecte le format OVF.

Eddye Dibar