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Comment Drahi a déclenché une méga-fusion aux Etats-Unis

Le magnat français des télécoms ne fera pas de contre-offre pour ravir Time Warner Cable à son rival américain Charter Communications

Le magnat français des télécoms ne fera pas de contre-offre pour ravir Time Warner Cable à son rival américain Charter Communications - Fred Dufour-AFP

Le magnat français des télécoms, qu'on disait intéressé par le câblo-opérateur Time Warner, ne devrait pas surenchérir sur l'offre de rachat de 57 milliards de dollars du  rival américain Charter Communications.

Les méga-fusions dans les télécoms aux Etats-Unis reprennent de plus belle. Charter Communications va fusionner avec Time Warner Cable pour donner naissance à un géant des réseaux câblés aux Etats-Unis. Hors dette, l'opération s'élève à 57 milliards de dollars (52 milliards d'euros), un montant colossal, même outre-Atlantique.

Ce méga-rachat est motivé par la nécessité de réaliser des économies d'échelle sur les négociations avec les éditeurs de contenus vidéos, les investissements sur les réseaux tout en affrontant la montée en puissance d'acteurs des services vidéo en ligne tels Amazon ou Netflix.

La transaction doit encore recevoir le feu vert des autorités américaines de la concurrence. Celles-ci avaient déjà rejeté une première tentative de rachat de Time Warner Cable par Comcast, le numéro un des câble-opérateurs aux Etats-Unis.

La position concurrentielle d'outsider de Charter Communication sur ce secteur, devrait toutefois moins inquiéter les autorités américaines.

Après ce refus, TWC était devenu l'objet de toutes les convoitises, au point que les choses se sont accélérées la semaine dernière lorsque Altice, le groupe de Patrick Drahi, a pris le contrôle de Suddenlink, le septième opérateur américain.

Patrick Drahi avait rencontré la direction de Time Warner Cable

Beaucoup y voyaient un premier pas outre-Atlantique en vue d'une opération de grosse envergure à venir, d'autant plus Patrick Drahi n'a jamais caché s'inspirer de la stratégie de conquête de John Malone, actionnaire de Charter Communications.

Le magnat français des télécoms aurait même engagé des discussions avec Time Warner Cable et son management, à peine son offre de rachat de Suddenlink, le 7ème câble-opérateur nord-américain, bouclée.

Le groupe de Patrick Drahi n'a finalement pas fait d'offre mais son intérêt aurait précipité l'accélération des négociations finales entre les deux rivaux américains. Pour être sûr de l'emporter face aux ambitions du Français, Charter Communications a été contraint de placer la barre très haut en mettant sur le table plus de 57 milliards de dollars.

Devant une telle offre, Patrick Drahi pouvait difficilement proposer une contre-offre, étant donné le niveau d'endettement déjà élevé d'Altice, son groupe. Il aurait donc jeté définitivement l'éponge renonçant à surenchérir sur la dernière offre de Charter Communications, a confié à l'AFP une source ayant requis l'anonymat.

Mais, tout indique que son groupe va continuer à faire son marché en Europe ou aux Etats-Unis, si l'occasion se présente...

F.Bergé avec AFP