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Chine et Russie rapprochent leur système GPS face aux Américains

Le système GPS russe Glonass, né en 1993, est le plus ancien des deux, le système chinois étant entré en service en 2000.

Le système GPS russe Glonass, né en 1993, est le plus ancien des deux, le système chinois étant entré en service en 2000. - Kirill Kudryavtsev-AFP

Les camions des deux pays utiliseront indifféremment la géolocalisation par satellites Glonass (Russie) et Beidou (Chine). Et éviteront toute dépendance vis à vis du GPS américain.

Derrière les partenariats technologiques peuvent se dissimiler des rapprochements de nature plus politique. Les autorités russes et chinoises ont indiqué officiellement qu'un seul terminal sera bientôt suffisant pour permettre à leurs flottes commerciales de camions, d'utiliser indifféremment leur service respectif de géolocalisation par satellites, Glonass et Beidou.

Cet équipement, qui sera développé en commun, fonctionnera à bord de tous les camions en Russie comme en Chine.

Ce type de terminal permet le suivi en temps réel de flottes de véhicules. Grâce à lui, il devient possible d'optimiser ainsi les parcours, ne serait-ce que pour réaliser des économies de carburant.

En rapprochant leur GPS, les deux pays cherchent surtout à s'affranchir de toute dépendance vis-à-vis des États-Unis, alors que leurs relations internationales sont tendues avec l'oncle Sam, notamment en Ukraine et en Mer de Chine.

Les deux grandes nations mondiales, au territoire très étendu, ont développé leurs propres systèmes de géolocalisation par satellite alternatifs au système GPS américain, lui-même conçu à l'origine pour ses besoins militaires.

Le système GPS européen Galileo opérationnel en 2016 ?

Glonass (Global Navigation Satellite System), le système russe, a débuté son activité il y a plus de 20 ans en 1993. Il s'appuie sur une constellation de 28 satellites en orbite dont 24 seraient opérationnels.

Le service Beidou, qui a débuté sa carrière en 2000, repose sur trois satellites chinois opérationnels. Une évolution de ce système, entrée en action en 2011, s'appuiera à terme sur une constellation de 35 satellites, dont une dizaine serait déjà en service.

Les deux systèmes ont vocation à offrir une couverture universelle de la planète et pas seulement de leur territoire national d'origine, à l'image du GPS américain.

En attendant, l'Europe cherche à rattraper son retard. Elle poursuit son projet Galileo, décidé en 2000, pour disposer de sa propre indépendance technologique en matière de géolocalisation par satellite.

Après de nombreux retards et quelques couacs, l'Union européenne poursuit actuellement le lancement de ses satellites. Elle espère disposer fin 2016 de 14 satellites en orbite, afin pouvoir ouvrir le service à ses premiers utilisateurs commerciaux. A terme, la constellation de Galileo devra atteindre une trentaine de satellites.

Frédéric Bergé