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Chez Mangrove, priorité à l'épanouissement personnel

Les cinq fondateurs de Mangrove

Les cinq fondateurs de Mangrove - Mangrove

"Déçus par l'entreprise traditionnelle, des freelances en informatique se sont regroupés pour travailler différemment."

"No boss, no office, no hours". Tel est le slogan de Mangrove, un prestataire de services informatiques pas vraiment comme les autres.

Ainsi, il n'y a ni patron, ni hiérarchie chez Mangrove. Et les collaborateurs travaillent d'où ils veulent: de chez eux ou à la plage. Ainsi, l'un des fondateurs, Maxime Braud (HEC, Standford) revient de San Francisco. Un autre, Matthieu Leventis (X), séjournait récemment aux Pays-Bas. Un troisième, Olivier Thomas (IUT Limoges), était en Australie... L'équipe est complétée par deux autres diplômés de l'ESCP: Yannis Chaouche et Adrien Montcoudiol. 

Voie royale

"Notre objectif est de repenser le modèle de l'entreprise, en accordant la priorité à l'épanouissement des salariés", expliquent les cinq fondateurs. Ainsi, le moral des salariés est régulièrement sondé via un petit logiciel développé par Mangrove.

Les fondateurs de Mangrove, dont la plupart sont issus d'écoles prestigieuses, étaient promis à des carrières royales en entreprise, mais ont choisi de ne pas suivre cette voie. "Au cours de notre expérience professionnelles, nous nous sommes rendus compte que beaucoup d'entreprises n'étaient pas capables d'exploiter la créativité de leurs salariés, de leur proposer un travail épanouissant, expliquent-ils. Elles ne se posent même pas la question de l'épanouissement de leurs salariés. Cela touche y compris les start-up, au fur et à mesure qu'elles grossissent. Résultat: beaucoup de salariés se posent des questions, ne trouvent pas de sens à leur travail et sont malheureux, malgré leur salaire, leur CDI et leur poste prestigieux". En outre, une partie des fondateurs de Mangrove a travaillé dans la Silicon Valley, où "'on a constaté qu'on pouvait travailler différemment".

Les avantages du freelance

Les fondateurs de Mangrove sont donc devenus freelances, menant des missions surtout pour des start-up. Cela leur permet de choisir leurs missions, leurs horaires, leur lieu de travail... "Et cela permet de gagner aussi bien sa vie en travaillant trois jours par semaine".

Mais travailler en indépendant n'est pas non plus la panacée. D'où l'idée d'"offrir les avantages du freelance sans les inconvénients". Mangrove essaye donc de redonner aux freelances certains avantages du salariat. D'abord, un cadre social, "une communauté", avec un espace au Liberté Living Lab pour échanger, mais aussi des séminaires mélangeant travail et loisir dans des lieux agréables. Une "retraite" de trois semaines a déjà eu lieu à Essaouira, une autre à Lisbonne a lieu en ce moment. Autre projet: un séminaire de formation de deux semaines en août à Berlin, où chacun partagera ses connaissances.

A terme, Mangrove veut aussi apporter une sécurité financière à ses membres, en leur garantissant par exemple un revenu de base de l'ordre de 1.000 euros par mois, s'ils veulent se consacrer à un projet personnel. Ce revenu de base serait financé par les contributions de tous les membres.

Automatisation des emplois

En pratique, Mangrove n'est pour l'instant qu'un collectif informel. L'objectif est de se constituer prochainement en société. D'ores et déjà, une dizaine de freelances ont fait acte de candidature pour rejoindre l'aventure. "L'ambition est de regrouper plusieurs centaines, voir plusieurs milliers de membres dans quelques années", assure l'équipe fondatrice.

Pour elle, une remise en question de l'entreprise traditionnelle est inéluctable: "demain, avec l'intelligence artificielle, les métiers traditionnels pourront être réalisés par des ordinateurs. Pour faire face à l'automatisation de nos emplois, il faudra donc avoir de l'agilité, de la liberté et de la créativité".

J. H.