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Cette start-up iséroise décrypte tout ce qui se cache derrière un visage

La société a pour client Photomaton, qui l'utilise dans ses cabines automates pour certifier que les photos d'identité sont conformes aux normes de l'administration.

La société a pour client Photomaton, qui l'utilise dans ses cabines automates pour certifier que les photos d'identité sont conformes aux normes de l'administration. - Smart Me Up

Smart Me Up a créé une puissante technologie d'analyse du visage en temps réel. Ses débouchés vont de l'identification, au décryptage des sensations exprimées et au suivi du comportement d'un conducteur de véhicule.

Analyser les traits d'un visage pour en déchiffrer immédiatement les émotions, l'état de fatigue, l'âge, le sexe de celui qu'on observe? Ce n'est pas de la science-fiction. Créée en 2012, la société grenobloise Smart Me Up a mis au point une technologie permettant ces prodiges.

"Nous nous sommes focalisés sur l'analyse faciale en développant de puissants algorithmes qui fonctionnent sur de simples processeurs low cost. Notre technologie peut ainsi être embarquée dans tout type d'appareil ou d'équipement comme une caméra portative ou un véhicule automobile" souligne Matthieu Marquenet, PDG de la start-up.

Présente lors du dernier salon CES de Las Vegas, au cours duquel elle a noué de nombreux contacts, Smart Me Up a, dans la foulée, remporté le concours The Start-Up Elevator organisé par Publicis à Paris. 

Détecter la conformité des photos d'identité

Smart Me Up a déjà su séduire Photomaton. La société utilise son logiciel pour faire de la détection de conformité de photos d'identité dans ses cabines automates. Les applications potentielles de la technologie sont presque sans limite. Embarquée dans un appareil photo, elle déclencherait le cliché quand le sujet sourit ou fixe l'objectif bien en face. Grâce à l'analyse faciale, un centre commercial pourrait analyser sa fréquentation (sexe, âge) en étudiant le visage des chalands anonymes qui le fréquentent.

Dans un tout autre domaine, la jeune pousse grenobloise coopère avec la start-up française Netatmo. Sa caméra domestique de vidéosurveillance utilise la reconnaissance faciale pour identifier qui se présente devant son objectif et pénètre dans la maison. 

Des applications en lien avec la voiture autonome ?

"En matière de surveillance, notre technologie est aussi en mesure d'analyser une foule pour en évaluer le nombre et en suivre les comportements" explique Matthieu Marquenet. Le PDG de Smart Me Up prend soin de souligner que ce type d'analyse d'envergure, pratiquée dans un lieu public, se fait en respectant l'anonymat des personnes. 

Le marché automobile fait partie, aussi, des cibles commerciales visées. "Grâce à l'identification du conducteur, il devient possible de personnaliser les réglages du véhicule. Ensuite, on peut analyser s’il est attentif au volant ou en train de fatiguer. Ces applications intéressent les constructeurs dans le cadre de leurs travaux sur la voiture autonome" explique le jeune entrepreneur qui reste discret sur ses contacts avec les industriels automobiles. De même qu'il se refuse à confirmer si des services de renseignements, français ou étrangers, l'ont approché.

La start-up n'a pas encore levé de fonds même si elle y pense très sérieusement en 2016. En attendant, elle "vit" sur son capital initial, un prêt de Bpifrance et une dizaine de contrats avec des industriels qui paient pour l'utilisation de sa technologie.

Frédéric Bergé