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Brexit: l'opérateur Vodafone menace de délocaliser son siège de Londres

Les filiales européennes de Vodafone, hors du Royaume-Uni, réalisent 55% des profits de l'opérateur.

Les filiales européennes de Vodafone, hors du Royaume-Uni, réalisent 55% des profits de l'opérateur. - Paul Demuth-Vodafone Group

Le géant anglais des télécoms songe à déménager son quartier général londonien hors du Royaume-Uni au cas où les négociations post-Brexit avec l'Union européenne altéreraient la libre circulation des salariés et des capitaux.

Vodafone, une des plus grandes entreprises de Grande-Bretagne, n'apprécie pas du tout le Brexit. La direction de ce puissant opérateur anglais, actif dans 26 pays et devenu bien plus gros qu'Orange en chiffre d'affaires, a averti qu'il pourrait déménager son siège social international hors du Royaume-Uni.

"Il n'est pas possible de tirer des conclusions sur la localisation à long terme de notre quartier général après la décision du Royaume-Uni de quitter l'UE" a déclaré le groupe, rapporte le quotidien économique The Financial Times. Vodafone dispose d'un quartier général à Londres d'où il pilote toutes ses activités à l'étranger. C'est a priori ce site qui serait menacé en cas de déménagement hors de Grande-Bretagne. Son autre siège, situé à Newbury, dans la grande banlieue de Londres, d'où il dirige ses activités au Royaume-Uni, serait moins concerné par l'éventuelle décision de l'opérateur.

Dans sa prise de position officielle, le géant des télécoms ajoute qu'il prendrait "toutes les décisions appropriées" une fois que le résultat des négociations post-Brexit entre la Grande-Bretagne et l'Union européenne, serait connu.

Les filiales européennes de Vodafone, hors Royaume-Uni, réalisent 55% de ses profits annuels

Né au milieu des années 1980 au Royaume-Uni, Vodafone a joué à fond la carte de l'internationalisation: le groupe est actif comme opérateur mobile ou fixe dans 26 pays. Il revendique 444 millions de clients et emploie surtout plus de 108.000 salariés dans le monde dont seulement 13.000 au Royaume-Uni. Son chiffre d'affaires annuel a atteint 40,9 milliards de livres (soit environ 49,5 milliards d'euros) sur son exercice fiscal 2014-2015, soit nettement plus qu'Orange (40,3 milliards d'euros) en 2015.

Pour justifier sa réaction face au Brexit, l'opérateur télécoms britannique a relevé que ses filiales européennes réalisaient 55% du bénéfice annuel du groupe, alors que l'activité du Royaume-Uni contribuait seulement à hauteur de 11% de ses résultats.

Dans un véritable plaidoyer pro-européen, Vodafone a affirmé que l'adhésion du Royaume-Uni à l'UE avait été un facteur important dans sa croissance et a ajouté: "La liberté de circulation des personnes, des capitaux et des marchandises fait partie intégrante du modèle économique de toute entreprise pan-européenne, apportant un cadre juridique simple couvrant tous les États membres." Vodafone avance aussi la nécessité d'accéder au marché unique du numérique dont la Commission européenne a fait une priorité.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco