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Bouygues Telecom pas à vendre: info ou intox?

En 2014, le cash flow de Bouygues Telecom s'est effondré pour devenir quasi-nul

En 2014, le cash flow de Bouygues Telecom s'est effondré pour devenir quasi-nul - Philippe Hugen AFP

Martin Bouygues a assuré ce mercredi ne pas chercher un repreneur pour son opérateur télécoms. Mais il a toutefois admis avoir rencontré le patron de SFR Numericable.

Ma filiale télécoms n'est pas à vendre. Tel est le message martelé mercredi 25 février par Martin Bouygues. "Bouygues Telecom est toujours courtisé. Mais on a été clairs là dessus. Il n'y a aucune négociation en cours. Les choses sont parfaitement claires. Notre choix déterminé est le stand alone".

Le PDG, qui présentait ses résultats annuels, a même assuré que c'est Bouygues Telecom qui est "l'acheteur naturel d'Orange, Free et SFR Numericable".

Longue démonstration

Le patron s'est lancé dans une longue démonstration pour convaincre qu'il pouvait très bien s'en tirer tout seul. "La stratégie de Bouygues Telecom commence à porter ses fruits. Dans le mobile, la 4G est un vrai succès, et nous allons lancer dans les prochains mois la 4G++ avec un débit encore plus élevé. Et dans le fixe, Bouygues Telecom est le price maker. Désormais, c'est nous qui fixons le tempo, la valeur dans le marché du fixe".

De plus, "nous n'avons pas de dettes, alors que notre concurrent a 18 milliards de dettes d'acquisition" -allusion à SFR Numericable. En outre, "Bouygues Telecom a le meilleur portefeuille de fréquences".

Martin Bouygues a aussi fait part de son optimisme au sujet de la location du réseau d'Orange par Free, appelée itinérance dans le jargon du secteur. Le nouveau gendarme des télécoms Sébastien Soriano "a pris une position claire dans le Figaro sur le grave problème de l'itinérance, qui va donc trouver sa résolution rapidement, et permettre une concurrence plus équitable".

Avenir radieux

Mais ce n'est pas tout: "Bouygues Télécom a aussi la structure de coûts la plus basse qui puisse exister dans les pays développés" -oubliant Free au passage... Bref, "qu'est ce que vous voulez qui nous arrive?" Certes, "nous n'avons pas pu racheter SFR, mais c'est la vie. On a d'autres choix". 

Au contraire, le PDG a prédit un avenir radieux au troisième opérateur français: "nous avons devant nous la partie sympathique et agréable, avec un retour à la croissance du cash flow de Bouygues Telecom". Ce dernier doit redevenir positif en 2016, après s'être effondré en 2014 de 94% pour devenir quasi nul (+10 millions d'euros). Côté social "il n'y aura pas" de troisième plan de départs, a promis Martin Bouygues.

"Nous sommes civilisés"

Reste que Martin Bouygues, grand adepte des coups de bluff, n'éteint pas totalement le doute. Contre toute évidence, il a nié farouchement avoir négocié la vente de Bouygues Telecom à Free puis Orange au printemps 2014: "on n'a pas tenté de se rapprocher d'Orange et de Free. Vous avez vu ça où?" 

Interrogé sur des approches de Numericable et de son propriétaire Altice, Martin Bouygues fait mine de ne pas connaître le nom de ces sociétés. Mais sans faire illusion, car il admet peu après avoir rencontré leur patron Patrick Drahi "une fois il y a quelques mois. Et Xavier Niel deux fois. Ca s'est très bien passé. Nous sommes des gens civilisés..." 

Jamal Henni