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Bouygues fait condamner Free pour dénigrement

Free se voit interdire d'utiliser certains mots comme "pigeons"

Free se voit interdire d'utiliser certains mots comme "pigeons" - -

Le quatrième opérateur mobile est condamné à 25 millions d'euros d'amende par le tribunal de commerce de Paris, mais fait parallèlement condamner son rival à 5 millions d'euros d'amende. Free va faire appel.

Critiquer ses concurrents peut coûter cher. Telle est l'amère leçon infligée par le tribunal de commerce de Paris à Free. Ce dernier a été condamné, vendredi 22 février, à payer 25 millions d'euros d'amende à son rival Bouygues Telecom pour dénigrement.

En outre, le tribunal a interdit à Free "d'utiliser des termes dénigrants à l'encontre de Bouygues Telecom, sous astreinte de 100 000 euros", a indiqué la filiale de Bouygues. Il s'agirait des mots "racket", "pigeon" et "arnaque".

Free fait appel

Toutefois, Free avait lui aussi porté plainte pour dénigrement et réclamé une centaine de millions d'euros, et a aussi gagné. "Bouygues Telecom a été condamné pour quelques propos isolés tenus en réponse à la communication agressive et massive de Free, à 5 millions d'euros de dommages et intérêts", indique la filiale du groupe de BTP.

Au final, l'addition pour Free se monte donc à seulement à 20 millions d'euros.

Interrogé, Free indique qu'il va faire appel. De son côté, Bouygues s'est déclaré "satisfait" que le tribunal ait "reconnu l'importance du préjudice subi depuis plus d'un an du fait du dénigrement systématique orchestré par Free".

La plainte avait été révélée en décembre par Challenges. Bouygues y reprochait au fondateur de Free, Xavier Niel, d'"utiliser les termes "pigeon", "escrocs", "voleurs"", et réclamait 98,8 millions d'euros pour réparer le préjudice subi.

Les deux opérateurs s'étaient déjà attaqués en justice devant le même tribunal, qui les avait alors renvoyés dos à dos en 2011.

Jamal Henni