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Big data, BI, CRM, ERP... l’avenir appartient-il aux clouds spécialisés ?

Le problème de traiter des volumes de données de plus en plus volumineux dans des clouds verticalisés, va être ensuite de rendre interopérables toutes ces plateformes spécialisées disjointes.

Le problème de traiter des volumes de données de plus en plus volumineux dans des clouds verticalisés, va être ensuite de rendre interopérables toutes ces plateformes spécialisées disjointes. - Pixabay

Un service cloud spécialisé permet de répondre aux problématiques métier et à la réglementation spécifique d’une activité. En revanche, il engendre des coûts et des obstacles techniques à surmonter pour assurer une communication efficace avec le reste du système d’information.

Bénéficier d’un service cloud adapté à un métier précis et à sa règlementation, c’est tout l’intérêt d’un cloud dédié. Que ce soit sur le CRM, l’ERP, la santé, l’informatique décisionnelle (BI) ou le Big Data par exemple, ce type d’offre tend à se multiplier. "Je travaille sur le domaine cloud depuis dix ans et je constate une tendance très nette à la verticalisation, au sens métier (…) ou sur des domaines divers et variés", affirm" Loïc Simon, ex-commercial chez IBM aujourd’hui consultant, lors d’une conférence sur le sujet en avril dernier. Un constat partagé par le consultant DevOps Mikael Robert, qui confirme: "il y a de plus en plus de produits comme ceux-là".

Un cloud spécialisé apporte plus de valeur

Dans le domaine de la santé par exemple, un service dédié s’avère pertinent pour répondre à des réflexions autour de la localisation des données, de la certification des dispositifs. Dans les établissements d’enseignement, un service mutualisé prenant en compte des problématiques spécifiques comme la gestion de données personnelles d’individus mineurs peut être utile. "Je pense que les offre spécialisées sont intéressantes car on obtient la meilleure valeur sur le domaine lui-même", juge Arnaud-François Fausse, directeur de département chez Octo Technology.

Mais le cloud dédié comporte une limite principale : la compatibilité technologique. "Le gros inconvénient d’une telle offre, prévient Arnaud-François Fausse, est lié au fait qu’un système d’information d’entreprise est de plus en plus centré sur les données. Or, elles deviennent de plus en plus volumineuses et la question est de réussir à faire communiquer entre elles des plateformes spécialisées disjointes. Il faudra par exemple faire communiquer la partie du système d’information dédiée au CRM avec celle destinée à l’analyse des données. Un positionnement malin est donc de proposer des offres ni trop spécialisées ni trop généralistes permettant à la fois de faire du Big Data, de gérer des objets connectés, etc".

Des services cloud interopérables

Se spécialiser oui mais sans mettre en péril la capacité à échanger avec le reste des services cloud. Dans certains domaines comme la finance, non seulement la qualité de ce raccord technologique est exigent mais une autre contrainte s’avère primordiale: réussir à garantir des temps de latence extrêmement faibles. Une condition vitale pour le trading à haute fréquence notamment.

Les API proposées par les éditeurs de cloud dédiés s’avèrent alors essentielles. Reste que la segmentation des offres dépend aussi de la fonction concernée : "autant créer un cloud dédié au CRM est relativement facile, autant créer un service dédié à l’ERP requiert plus d’adaptations et de paramétrages", souligne Guillaume Plouin, CTO de la start-up Deveko. Le coût d’un cloud dédié est également souvent important ce qui implique une mutualisation pour une profitabilité sur le long terme.

Adeline Raynal