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Après le SMS, WhatsApp s'attaque aux appels voix des opérateurs

WhatsApp étend progressivement son service de téléphonie aux utilisateurs de smartphones Android et bientôt Apple

WhatsApp étend progressivement son service de téléphonie aux utilisateurs de smartphones Android et bientôt Apple - AFP Stan Honda

L'application de messagerie ouvre graduellement son service de téléphonie sur Internet. Fort de ses 700 millions d'utilisateurs, l'éditeur menace les opérateurs mobiles.

La téléphonie mobile des opérateurs sera-t-elle, à son tour, concurrencée par les acteurs de l'Internet? Après s'être attaqué aux SMS, WhatsApp (racheté à prix d'or par Facebook en 2014) a lancé discrètement sa fonction d'appel vocal pour les smartphones Android, fin janvier 2015.

Pour l'instant, l'éditeur d'application mobile de messagerie a choisi de lancer son service sur le principe du "marketing viral". Chaque utilisateur ayant installé cette version sur son téléphone est invité à recevoir un appel téléphonique par un de ses contacts ayant déjà cette fonction activée.

Cette approche indique que WhatsApp a opté pour un lancement en douceur. Il préfère expérimenter son service progressivement, avant d'envisager un lancement commercial généralisé. D'ailleurs, les millions d'utilisateurs d'iPhone bénéficieront à leur tour, dans les prochaines semaines, du nouveau service voix.

WhatsApp pourrait s'avérer plus menaçant que Skype

Avec cette fonction, qui suppose une connexion wi-fi gratuite ou l'utilisation du réseau mobile 3G/4G, WhatsApp rivalise avec d'autres acteurs de l'internet mobile comme Skype (Microsoft) et Viber (racheté par Rakuten). Ceux-ci offrent déjà la possibilité de passer des appels vocaux et vidéo, depuis leurs applications.

Mais, la force de WhatsApp tient à sa très large base d'utilisateurs, évaluée à 700 millions d'utilisateurs actifs, en janvier 2015. Son entrée sur le marché de la téléphonie ne sera donc pas neutre pour les opérateurs mobiles.

Skype ou Viber se sont développés sur des cas d'utilisation limitée, tels que les appels voix ou vidéo bon marché à l'international. Ils ont fonctionné comme un service télécoms d'appoint, ne menaçant pas véritablement le modèle économique des opérateurs.

Des opérateurs comme Etisalat sont déjà sur la défensive

Il pourrait en être tout autrement pour WhatsApp. Dans certains pays (comme l'Allemagne et l'Espagne), où les SMS ne bénéficient pas d'offres illimitées comme en France, son service de messagerie instantanée (chat) est est déjà très utilisé, car il est gratuit sur Internet en wi-fi et moins cher que les mini-messages.

Selon les consultants du cabinet anglais Ovum, la question se pose de savoir si les utilisateurs ne vont pas à terme remplacer la voix mobile au quotidien, par leur application favorite comme ils l'ont déjà fait pour les SMS.

En effet, selon ces analystes, la taille très importante du parc d'utilisateurs de WhatsApp serait à même de perturber le marché. Certains opérateurs ont déjà adopté une attitude défensive. Par exemple, Etisalat aurait déjà interdit cette fonction voix dans les Émirats arabes unis.

Frédéric Bergé