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Antiterrorisme: la reconnaissance faciale testée dans une gare à Berlin

Le développement des logiciels de reconnaissance faciale permettent de reconnaître un visage dans une foule à partir de caméras et d'une base de données de photographies d'individus.

Le développement des logiciels de reconnaissance faciale permettent de reconnaître un visage dans une foule à partir de caméras et d'une base de données de photographies d'individus. - Stéphane de Sakutin-AFP

Des caméras capables de reconnaître les visages de passants ont été installées pour 6 mois, dans le hall d'une des gares de Berlin. Ce dispositif de surveillance sera opérationnel le 24 août. Une opération test avant son éventuel déploiement.

Et si la reconnaissance faciale aidait à lutter plus efficacement contre les actes terroristes dans les lieux publics? Les autorités allemandes ont décidé de répondre à cette question en testant, dans une gare très fréquentée de Berlin, un dispositif de surveillance permettant la reconnaissance automatique de visage. Pour le gouvernement allemand, le sentiment de sécurité de la population peut être renforcée grâce à l'emploi de cette technologie. "Nos espaces publics doivent être en sécurité" a déclaré Thomas de Maizière, ministre fédéral de l'intérieur au quotidien Berliner Zeitung.

Des caméras à reconnaissance faciale à la gare de Südkreuz

Plusieurs caméras équipées d'une technologie de reconnaissance faciale ont été installées dans le hall de la gare de Südkreuz, dans le district de Tempelhof-Schöneberg. L'expérimentation ne concerne pour l'instant que quelques centaines de volontaires fréquentant régulièrement la gare en tant que passager. Ils se sont déclarés auprès des autorités et leurs visages ont été enregistrés dans une base de données. Ce premier test doit permettre de vérifier que les caméras de surveillance et les ordinateurs peuvent détecter automatiquement le passage de ces personnes.

Cette technologie s’appuie des caméras de vidéo-protection reliées à un dispositif de reconnaissance automatique des visages par logiciel. L'ensemble rend techniquement possible, par comparaison avec une base de photographies préenregistrées, l’identification d'un individu au milieu d'une foule même compacte. 

Si les autorités policières militent en faveur de son utilisation dans un but de sécurité publique, d’autres considèrent au contraire que son utilisation généralisée dans un lieu public remet en cause le droit au respect de la vie privée et la liberté d’aller et venir.

Ainsi outre-Rhin, l'association du barreau allemand (DAV) a mis en garde contre les risques de l'utilisation d'une utilisation massive de la reconnaissance de visage dans les lieux publics. "Il n'y a pas de base constitutionnelle pour l'introduction de cette méthode dans tout le pays", estime Ulrich Schellenberg, président d'ADV.

En France, la technologie est limitée au contrôle individuel de passagers

Si en Europe, du fait de ces potentielles atteintes du droit au respect de la vie privée, la reconnaissance faciale n'est pas encore généralisée dans les lieux publics, elle a percé dans les aéroports aux contrôles des frontières, pas encore pour détecter les personnes "suspectes" dans les halls. Les autorités comme celles de l'Aéroport de Paris à Orly commencent à l'employer aux fins d'identification des passagers en comparant leur visage avec la photo du passeport biométrique dans des portiques dédiés à cet usage.

La gare du Nord a également mis en place, en février 2017, des caméras à reconnaissance faciale pour le contrôle des passagers majeurs de l’Eurostar, disposant d'un passeport biométrique.

Depuis les attentats de novembre 2015, la SNCF teste des caméras de nouvelle génération. Installées dans certaines gares, elles sont capables de lire les comportements suspects des personnes filmées. En analysant les traits du visage, les mouvements des yeux mais aussi la température corporelle, ces appareils de vidéosurveillance parviennent à détecter les individus présentant un niveau de stress élevé.

Frédéric Bergé
https://twitter.com/BergeFrederic Frédéric Bergé Journaliste BFM Éco