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Amazon pourra-t-il installer ses entrepôts à 13.000 mètres d'altitude?

En 2004, la surveillance des JO d'Athènes était assurée par un dirigeable. Amazon veut reprendre cette idée pour livrer sandwichs et boissons dans les stades.

En 2004, la surveillance des JO d'Athènes était assurée par un dirigeable. Amazon veut reprendre cette idée pour livrer sandwichs et boissons dans les stades. - Jacques Demarthon - AFP

La capacité d’innovation d’Amazon dépasse parfois l’imagination de ses concurrents. Le groupe américain a déposé le brevet d’un entrepôt volant à 13.000 mètres d’altitude qui utiliserait des drones pour livrer les spectateurs dans les stades.

La Terre devient-elle trop petite pour les ambitions d’Amazon? C’est la question qui se pose avec ce brevet déposé par le groupe américain en 2014 et validé par les autorités au printemps dernier. On y découvre un projet futuriste dans lequel Amazon veut utiliser un aéronef pour stocker des marchandises à 13.700 mètres d’altitude.

Personne n’aurait eu vent de cette idée si Zoe Leavitt, analyste pour CB Insight, n’était pas tombée dessus il y a quelques jours. Dans son tweet, elle présente cette idée comme "l'étoile de la mort du ecommerce", faisant référence à la station spatiale de combat construite par l'Empire Galactique dans Star Wars.

Cet engin volant est un dirigeable inspiré du Zeppelin équipé d’une nacelle dans laquelle seront stockés les produits à livrer sur Terre. Pour acheminer les commandes depuis le ciel, l’entreprise évoque une flotte de drones pour faire des allers-retours. Et pour les réassorts, le vaisseau-mère sera accompagné de petits dirigeables qui iront chercher les marchandises dans des entrepôts qui se trouvent au sol, mais qui transporteront aussi le personnel nécessaire.

Servir des marchés difficilement accessibles

L’appareil et sa flotte pourront donc se déplacer à différents endroits du globe en fonction de la demande, car le projet ne vise pas à remplacer les entrepôts traditionnels. Il s’agit d’attaquer de nouveaux marchés qui restent jusque là assez difficiles d’accès.

Amazon donne pour exemple la possibilité de livrer les consommateurs dans des stades lors de grands événements qui se déroulent à ciel ouvert. Le client passe une commande sur son smartphone et n’a plus qu’à attendre sans bouger de sa place qu’un drone lui livre sa boisson et son sandwich.

Ce type de service peut aussi se déployer dans de grands festivals éloignés de villes comme le Burning Man qui rassemble des milliers de personnes en plein cœur du désert du Nevada. On peut aussi imaginer une manière de livrer des clients partant en randonnée qui ne voudraient pas s'alourdir de victuailles et de boissons.

Un service financé par la publicité

Amazon veut développer un modèle économique basé sur la vente, mais aussi sur la publicité. Des messages pourront être affichés sur les drones, mais aussi le vaisseau amiral qui descendra pour l’occasion à 600 mètres d’altitude. Ainsi, le groupe de Jeff Bezos dont le succès repose en partie sur la livraison gratuite pourrait ne pas avoir à trop surfacturer les produits. 

Si cette idée futuriste semble excellente sur le papier, elle pose encore de nombreuses questions réglementaires. Rappelons que contrairement au Japon qui aide Rakuten à mettre en place la livraison par drones dans des stades pour les Jeux Olympiques de Tokyo de 2020, Amazon n'a pas réussi à dissuader la Federal Aviation Administration (régulateur américain de l'aviation civile) de n’autoriser le vol de drones commerciaux que s’ils restent dans le champ de vision du pilote. Une méthode qui semble impossible avec le dirigeable d'Amazon.

Les autorités qui gèrent les flux aériens donneront-elles leur accord à cette nouvelle forme de livraison qui aurait des conséquences sur l’aviation civile? Et même si le régulateur donne son accord, comment les drones se coordonneront-ils lorsque des centaines de commandes seront livrées simultanément pendant un match ou une représentation? Depuis que le projet a été découvert, aucun porte-parole du groupe n’a désiré faire de commentaire.

https://twitter.com/PascalSamama Pascal Samama Journaliste BFM Éco