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Alcatel-Lucent: ce que prévoit le plan de réorganisation

Michel Combes, le directeur général d'Alcatel, évoque "des décisions difficiles"

Michel Combes, le directeur général d'Alcatel, évoque "des décisions difficiles" - -

L'équipementier télécom a présenté, ce mardi 8 octobre, les détails de son plan de redressement qui prévoit 10.000 suppressions nettes de postes dans le monde dont 900 en France. Le groupe doit aussi se recentrer sur un nombre restreint d'activité.

Alcatel-Lucent va amorce sa métamorphose. L'équipementier télécom en grande difficulté (1,3 milliard d'euros de pertes en 2012) a présenté, ce mardi 8 octobre, les détails de son plan "Shift" qui doit lui "permettre de retrouver le chemin de la rentabilité". Si une partie des objectifs de ce plan avait été dévoilée le 19 juin dernier, l'impact social n'est connu que depuis ce matin: 10.000 suppressions nettes de poste dans le monde, dont 900 en France.

"Pour réaliser ce plan nous devons prendre des décisions difficiles et nous le ferons dans un dialogue ouvert et transparent avec nos salariés et leurs représentants. L’enjeu du plan Shift est que l’entreprise retrouve la maitrise de son destin", affirme Michel Combes, directeur général d'Alcatel.

> Deux sites fermés en France

Concernant l'Hexagone, un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) va conduire à la suppression de 900 postes. Des réductions d'effectifs qui pourraient intervenir "dès 2014", dixit un communiqué d'Alcatel. Elles toucheront principalement les fonctions supports, administratives et commerciales.

A cela s'ajoute 900 reclassements qui auront lieu, d'ici à 2015, via des mobilités internes ou des transferts vers des entreprises partenaires. Selon les informations de BFMTV, dans le cadre des 900 reclassements, certaines personnes pourraient ainsi être contraintes de passer sous le giron de Nokia. Alcatel aurait, en effet, l'intention de céder son activité radiophonie à l'entreprise finlandaise.

Ces opérations vont amener Alcatel à fermer deux sites sur les 13 que le groupe compte en France: Toulouse et Rennes. Michel Combes explique, dans un interview au Monde, que ces deux sites "n'ont plus la taille critique". Selon la CFDT, à Rennes deux-tiers des 110 postes seront reclassés, un tiers sera supprimé.

> Des coûts fixes qui doivent se réduire d'un milliard d'euros.

Michel Combes avait déjà donné, en juin, ce chiffre: in fine, le but de ce plan de redressement du groupe est de parvenir à réduire les coûts fixes de l'entreprise d'un milliard d'euros en 2015, soit une diminution de 15%.

Globalement, le groupe compte y parvenir en actionnant trois leviers. Alcatel veut d'abord recentrer sa R&D sur "les technologies du futur" (l'accès haut débit, le cloud computing et les réseaux internet IP). Leur part dans les dépenses de R&D passera ainsi de 65% à 85% d'ici à 2015. L'entreprise va en revanche réduire la voilure sur les "technologies en fin de vie", en taillant à 60% dans ces dépenses.

En France, Alcatel entend recentrer ses dépenses de recherche et développement sur les technologies en lien avec la 4G et les logiciels pour les réseaux. Cette rationalisation de ses activités va conduire le groupe à regrouper les activités tournées vers les opérateurs télécoms sur deux sites: Lannion (Côtes d'Armor) et Villarceaux (Essonne).

Enfin, les réductions d'effectifs compléteront l'ajustement pour réaliser les économies nécessaires.

> L'Europe plus touchée que les Etats-Unis

"Toutes les zones géographiques dans lesquelles le Groupe Alcatel-Lucent est implanté contribueront à [l']effort", précise le groupe. Dans les détails , sur 10.000 suppressions nettes de postes, 4100 sont situées dans la Zone EMEA (Europe, Moyen-Orient, Afrique), 3.800 en Asie-Pacifique et 2.100 sur le continent américain. "Le Groupe concentrera ses ressources-clés sur deux fois moins de sites", explique Alcatel.

Julien Marion avec BFMTV