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2016 pourrait être la première année du déclin de l'iPhone

Pour la première fois depuis 2007, les ventes d'iPhone pourraient reculer l'année prochaine.

Pour la première fois depuis 2007, les ventes d'iPhone pourraient reculer l'année prochaine. - Flickr

Selon des analystes et des fournisseurs, les ventes de l'iPhone pourraient décroître en 2016, et ce pour la première fois de son histoire. Voilà pour quelle raison.

L'année qui va commencer pourrait être historique pour Apple. Mais pas dans le bon sens du terme pour la firme à la pomme. En effet, 2016 pourrait être la première année du déclin de l'iPhone. De plus en plus de signaux montrent que le smartphone lancé par Steve Jobs en 2007 a peut-être atteint un sommet qu'il ne pourra pas dépasser. 

Car depuis son lancement, l'iPhone n'a cessé de conquérir de nouveaux clients année après année. En 2007, Apple n'en avait vendu que 1,4 million (mais pas sur une année complète). Depuis la marque, telle un Sergueï Bubka de la high-tech, a passé des barres de plus en plus hautes. Les 50 millions ont été dépassés en 2011, les 100 millions en 2012 et les 200 millions en 2015. Une impressionnante série de 8 années de croissance soutenue quasiment jamais vue dans le secteur. Seul Nokia a fait plus fort en enchaînant 17 ans de croissance entre 1991 et 2008, passant de 800.000 à 468 millions de mobiles vendus. Mais c'était une période durant laquelle les gens s'équipaient pour la première fois. Et de plus, le prix de vente moyen d'un Nokia était beaucoup plus bas qu'un iPhone.

Les mauvais chiffres des fournisseurs d'Apple 

Mais tout comme Nokia a commencé à baisser avec l'émergence des smartphones, Apple pourrait entamer son déclin. Selon une note de Morgan Stanley, les ventes d'iPhone devraient reculer de 5,7% sur son année fiscale 2015-2016 à 218 millions d'unités. Par ailleurs, deux autres analystes ont revu leurs prévisions de ventes d'iPhone à la baisse. Sur l'actuel trimestre, la banque Stifel estime qu'Apple vendra au mieux 70 millions d'unités contre 75 prévus précédemment. Et le Credit Suisse anticipe lui aussi un recul mais pour le second trimestre 2016 (à partir de mars).

Sur quoi s'appuient ces différents analystes pour arriver à de telles conclusions? Principalement sur les fournisseurs de composants d'Apple qui prévoient des ventes à la baisse. Comme par exemple la société germano-britannique Dialog Semiconductor dont Apple est le principal client, qui anticipe un recul de l'ordre de 15% de son chiffre d'affaires sur le trimestre. Une autre, l'américaine Jabil circuits, devrait enregistrer un recul de 23% d'une partie de son activité qui concerne Apple. La société fournit une partie des circuits imprimés des iPhone. 

L'iPhone en Inde plus cher qu'en France

Et si ces fournisseurs éternuent, c'est peut-être qu'Apple est en train de s'enrhumer. Pour quelle raison? Morgan Stanley pointe des prix plus élevés sur les marchés internationaux qui plomberaient la demande ainsi que des ventes stagnantes sur les marchés occidentaux déjà très équipés. Pour Thomas Husson de Forrester, "le ralentissement chinois peut avoir des conséquences sur les ventes d'Apple qui a effectué une forte percée en 2015." Mais l'analyste rappelle que le modèle actuel, l'iPhone 6s, n'a pas apporté d'innovation majeure. L'arrivée d'un vrai nouvel iPhone 7 en 2016 pourrait relancer la dynamique.

Mais rien n'est moins sûr. Car après la spectaculaire conquête de la Chine cette année (le pays représente désormais un quart de l'activité de l'Américain), Apple n'a peut-être plus de réservoir de croissance. La firme comptait poser de nouveaux jalons en Inde en lançant l'iPhone 6s en octobre mais la demande serait timide. Selon la presse indienne, les ventes seraient même inférieures à celles de l'année précédente. Il faut savoir qu'un iPhone 6s coûte en Inde entre 850 et 1.150 euros, soit plus qu'en France. Et même si le niveau de vie de la classe moyenne indienne grimpe en flèche, la population capable de s'offrir un tel produit reste limitée. 

En tout cas, Apple devra rapidement inventer la suite. Car la firme est complètement dépendante de son produit qui représente plus des 2/3 de ses revenus. Selon Gene Munster, le grand spécialiste d'Apple chez Piper Jaffray, la firme de Tim Cook en a bien conscience et travaille déjà sur l'après iPhone. Il s'agirait d'objets connectés qui mêleraient réalité virtuelle et augmentée, et qui remplaceraient le terminal unique que représente le smartphone. Des produits qui ne seront certainement pas commercialisés avant des années. D'ici là, Apple devra trouver des solutions pour vendre plus d'iPhone...

Frédéric Bianchi