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185 patrons américains défendent Apple face à Bruxelles

Apple est soutenue par de grands groupes

Apple est soutenue par de grands groupes - John Edelson - AFP

Des dirigeants de très grands groupes américains , tels Walmart ou General Electric, ont écrit une lettre à Angela Merkel pour annuler la décision de la Commission européenne qui réclame le remboursement de 13 milliards d'euros "d'aides indues" à Apple.

Les grandes multinationales américaines volent à la rescousse d'Apple. Il y a deux semaines, Bruxelles a pris une décision tonitruante en réclamant le remboursement de 13 milliards d'euros d'aides indues à Apple. Le groupe américain est accusé d'avoir bénéficié d'un traitement fiscal préférentiel de la part de l'Irlande qui l'aurait amené à payer un impôt sur les sociétés ridicule de 0,005%.

De l'autre côté de l'Atlantique, la décision fait clairement grincer des dents. Le secrétaire d'État au Trésor Jack Lew a déjà dit tout le mal qu'il en pensait. Désormais, ce ne sont pas moins de 185 patrons de grandes entreprises américaines qui affichent leur soutien au groupe dirigé par Tim Cook.

La Business roundtable, association qui regroupe les dirigeants des grands groupes américains (Caterpillar, Xerox, Lockheed Martin, ExxonMobil, AT&T, JPMorgan…) a en effet envoyé une lettre à la chancelière allemande Angela Merkel pour demander à ce que la décision prononcée fin août soit invalidée par les dirigeants européens, révèle le Financial Times.

Un succès incertain

"Dans l'intérêt de tous les pays qui respectent la loi, la décision ne doit pas être maintenue", écrivent-ils. "Si cette décision n'était pas remis en cause, les pays en dehors de l'UE estimeront que cette décision sied aux gouvernements et jugeront que toutes les compagnies avec des investissements étrangers (dont certaines ont leur siège dans l'UE) risquent de voir leurs actifs expropriés par les gouvernements qui chercheraient des revenus supplémentaires ou voudraient punir un compétiteur étranger ayant connu le succès", affirment-ils.

"Nous vous pressons (Angela Merkel, ndlr) de travailler avec vos collègues pour invalider cette décision et stopper les investigations sur les aides d'État qui passent outre la capacité de votre pays et celle des autres pays de l'UE à déterminer et interpréter vos propres lois fiscales", concluent-ils.

Comme l'indique le Financial Times, dans "des circonstances exceptionnelles, les pays membres de l'UE peuvent effectivement outrepasser une décision émanant de la Commission européenne sur les aides d'État. Cette initiative semble toutefois impossible dans la mesure où elle nécessiterait un accord unanime des 28 pays membres alors que la France, par la voix du ministre de l'Économie et des Finances Michel Sapin avait jugé entièrement légitime la décision de Bruxelles.

J.M.