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10 chiffres qui en disent long sur les Français et leurs écrans

Pour la première fois, le smartphone équipe la majorité de la population sondée par le Credoc,

Pour la première fois, le smartphone équipe la majorité de la population sondée par le Credoc, - Josep Lago-AFP

Si 35% de la population a une tablette et 92% un téléphone mobile, ils sont 72% de Français à ne pas vouloir de livre numérique et 16% à se passer d'Internet à la maison. Gros plan sur le baromètre 2015 du numérique.

Les usages du numérique évoluent à vitesse grand V mais les réticences et autres non-usages sont aussi instructifs. La quinzième édition du baromètre du Numérique réalisée par le Credoc, pour le Conseil général de l'économie (CGE) et l'Arcep, procure une cartographie détaillée de la manière dont les Français ont pris (ou pas) le train de la révolution numérique.

Les résultats sont issus de l'enquête de juin 2015, réalisée auprès d’un échantillon représentatif de la population française âgée de 12 ans et plus, soit 2.209 personnes sondées. Voici un condensé des statistiques les plus saillantes: certaines sont attendues, d'autres beaucoup moins. Le Credoc établit notamment certaines corrélations entre l'âge ou le niveau de vie et les usages du numérique.

  •  92% des individus interrogés ont un téléphone mobile. Ce pourcentage dépasse pour la première fois que cette enquête existe l’équipement en téléphonie fixe (89%). Ils sont 35% à être équipés d’une tablette et plus d’un Français sur deux d’un smartphone, soit 58%. Cet équipement continue de progresser à un rythme soutenu avec une croissance, en un an, respectivement de 6 points (tablette) et de 12 points (smartphone).
  • 8% des sondés seulement déclarent lire des livres numériques. Ce nombre de lecteurs demeure faible même s'il a doublé en quatre ans. L’âge est un facteur primordial dans la pratique et l’intérêt porté aux livres numériques. Les 25-39 ans sont les plus gros utilisateurs: 13% affirment déjà lire des livres numériques. A contrario, 72% déclarent ne jamais vouloir lire de livres au format numérique. Mais 20% des personnes interrogées l’envisagent en 2015, contre 16% en 2011.
  • 16% de la population se déclare non-internaute, c'est à dire ne disposant pas d'Internet à son domicile. Dans ce groupe, jugé très âgé par le Credoc, où 59% a 70 ans ou plus et ou deux personnes sur trois sont retraitées, les femmes (61%, +9 points) et les ruraux (31% résident dans des communes rurales, +8 points), sont sur-représentés. On peut y voir une description assez fidèle de la fracture numérique qui sévit dans certaines fractions de la population française.
  • 76% des chômeurs recourent à Internet pour accéder à l’emploi. Par ailleurs, les individus disposant de bas revenus utilisent davantage Internet que ceux ayant des hauts revenus, pour chercher un emploi. Le Credoc relève que les ouvriers (35%) et les employés (34%) s’y adonnent plus que les cadres (27%) ou les professions intermédiaires (30%). Mais l'explication est simple: ce constat serait dû à la plus grande précarité qui touche les individus disposant de bas revenus et les professions peu qualifiées.
  • 92% des 18-24 ans sont membres des réseaux sociaux et 79% des 12-17 ans y sont également présents en 2015, après un léger retrait en 2013 et 2014. En l’espace de trois ans, les réseaux sociaux ont surtout conquis les 25-39 ans (+17 points), à présent plus présents sur ce terrain que les 12-17 ans. Les plus âgés restent davantage en retrait, malgré une progression de la proportion d’utilisateurs : +8 points pour les 40-59 ans en trois ans, +7 points pour les 60-69 ans.
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- © Credoc, Baromètre du numérique, 2015.
  • 37% de la population regarde la télévision grâce à Internet, que ce soit en direct ou en rattrapage. Le niveau de vie et le lieu de résidence sont corrélés, selon le Credoc, avec cette pratique: 44% des individus disposant de hauts revenus ont regardé la télévision par ce biais contre 31% de ceux ayant des bas revenus et 45% des habitants de Paris et de son agglomération contre 32% des habitants de villes comptant moins de 2 000 habitants.
  • 83% des individus sont convaincus que les informations collectées par les objets connectés liés à la santé sont utilisées à des fins commerciales et 78% que les entreprises ne garantissent pas une parfaite protection de la vie privée. Les Français réservent donc un accueil mitigé aux objets connectés à vocation sanitaire (comme les bracelets qui détectent les mouvements ou les appareils qui analysent le sommeil), qui ne séduisent que 21% à 28% des individus.
  • 29% des Français ont vendu des biens ou des services sur Internet. Cette proportion n'a guère évolué depuis 2011 où l’enquête l'avait estimée à 28%. Quelques groupes s’avèrent un peu plus coutumiers de la vente en ligne : les 25-49 ans, en particulier, sortent du lot (49%). Les cadres (38%) sont à peine plus souvent des vendeurs en ligne que les employés (37%) ou les ouvriers (35%). Les individus qui vendent sur internet sont plus souvent acheteurs (87%) que les non-vendeurs (41%).
  • 49% de la population sondée a consulté, sur Internet, des notes, des évaluations ou des commentaires laissés par d’autres internautes afin de se faire une idée sur un bien ou un service. Dans le même temps, 26% (près de deux fois moins), ont eux-mêmes laissé sur internet une telle appréciation. Les personnes âgées de 18 à 40 ans sont les plus familières de ces pratiques. Les plus diplômés (Bac et supérieur) et les individus disposant de hauts revenus se servent plus souvent de ces commentaires et en rédigent un peu plus souvent que la moyenne.
  • 15% des individus ont eu recours via une plate-forme Internet à des particuliers pour l’usage d’un service ou d’un bien contre rémunération. Cet usage est plus fréquent parmi les 18-24 ans et les 25-39 ans : respectivement 25% et 22% d’entre eux ont déjà procédé à ce type de transaction. A contrario, ils sont 8% de Français sondés à avoir déjà proposé sur Internet à des particuliers l’usage d’un service ou d’un bien contre rémunération. L’échange et le partage sans rémunération ne concernent que 5% des Français.
Frédéric Bergé