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Serge Lavie, le buraliste qui se «voit mourir»

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Serge Lavie attend impatiemment le plan gouvernemental de lutte contre la contrebande de cigarettes. Ce buraliste nîmois voit passer chaque jour des dizaines de clients... qui vont acheter leur tabac au «point phone» d'à côté. Témoignage.

Serge Lavie tient un bureau de tabac à Nîmes (30), dans le quartier du Clos d’Orville. Depuis 3 ans, il fait face à un trafic de cigarettes de plus en plus conséquent. Car à une cinquantaine de mètres de son établissement, un point phone (boutique pour appels téléphoniques et accès internet) vend illégalement des paquets de cigarettes à seulement 4 euros, contre 5.90 euros en moyenne chez lui.

« Les trois quarts vont acheter leurs cigarettes chez ce gars »

« Quand je me mets devant ma porte je regarde les gens passer, et les trois quarts vont acheter leurs cigarettes chez ce gars !», fulmine-t-il sur RMC. « J’ai dit à mon épouse : on est en train de mourir il faut faire quelques chose ». Il y a peu, Serge a écrit au président de la République, à son député et au maire de Nîmes. Mais rien n'y fait, la contrebande continue. « Je suis fou de rage ! On ne tient pas quand le prix moyen de cigarettes vendues légalement approche 6 euros. Et encore, attendons les prochaines augmentations, ça sera pire ».

« Ce qu'il vend en une heure, je le vends en un mois »

Plusieurs fois, le service des Douanes est intervenu et a dressé un procès-verbal d’infraction au contrevenant. Mais « les amendes il s’en fiche. Pour vous donner une idée, ce qu’il vend en 1 heure, moi je le vends en un mois. Depuis qu'il a ouvert, j'ai perdu 60 % de mon chiffre d’affaires. Aujourd'hui, je voudrais vendre mon bureau de tabac, mais c’est impossible. J’ai un peu l’impression de me battre contre du vent ». Serge Lavie comprend mal la lenteur administrative à l’heure de la rigueur budgétaire et de l’augmentation des prix annoncée. « Ça devient tellement sérieux qu’on n’arrive plus à payer nos factures ».

La Rédaction