BFM Business

RSE: Bruxelles veut renforcer les indicateurs non-financiers des entreprises

Les entreprises devront publier des informations détaillées sur l'impact de leurs activités sur la population et l'environnement.

Les entreprises devront publier des informations détaillées sur l'impact de leurs activités sur la population et l'environnement. - Loïc Venance - AFP

Toutes les grandes entreprises et les PME cotées devront publier des informations détaillées sur les "questions de durabilité", comme le changement climatique.

Soucieuse de promouvoir la "finance verte", la Commission européenne a proposé mercredi de renforcer les règles sur la publication d'informations non-financières par les entreprises (impact environnemental, responsabilité sociale...) en harmonisant les standards et en élargissant leur champ d'application. L'initiative vise à harmoniser les critères de "durabilité (...) pour les placer à terme au même niveau que la publication d'informations financières", a observé l'exécutif européen.

Selon cette proposition de directive révisée, "près de 50.000 entreprises de l'UE devront se conformer à des normes détaillées de publication (...) contre 11.000 actuellement". Toutes les grandes entreprises, cotées ou non, ainsi que les PME cotées devront publier des informations détaillées sur les "questions de durabilité", comme le changement climatique, concernant toute leur chaîne d'approvisionnement, mais aussi "l'impact de leurs activités sur la population et l'environnement" (comme par exemple la déforestation).

"Pour l'heure, les entreprises peuvent utiliser n'importe quel label", de responsabilité sociale et environnementale (RSE), et "le paysage est excessivement fragmenté", fait valoir Mairead McGuinness, commissaire aux Services financiers. "Le marché veut de la clarté. Cette directive lui en apporte", a-t-elle insisté lors d'une conférence de presse, notant que l'harmonisation représentera un gain d'efficacité et donnera accès à des données "fiables et comparables". La proposition doit désormais être discutée par les États membres et le Parlement européen.

"Actuellement, rien n'est clair"

"Actuellement, rien n'est clair: des entreprises jouent le jeu en publiant régulièrement leurs informations, d'autres ne le font jamais", observe Pascal Durand, eurodéputé Renew (libéraux). Mais "pour être efficace et loyale, la communication des données devra être publique", permettant par exemple à des ONG d'en vérifier la teneur "et faire l'objet d'un audit régulier et indépendant", prévient-il. Tout en saluant l'ambition du projet, des ONG environnementales restaient circonspectes.

"Nous sommes inquiets du manque d'ambition du champs d'application (...) qui exclut les PME non cotées de secteurs à fortes émissions, alors que les PME représentent 99,8% des entreprises européennes", a réagi Julia Linares, de WWF. Pour Caroline Avan, d'Oxfam France, "il faut aller plus loin" et au-delà de simples procédures déclaratives, "un progrès crucial serait d'exiger une complète transparence sur la façon dont les entreprises veulent atteindre leurs objectifs climatiques" avec des "plans de transition" précis.

Dans cet esprit, le Parlement européen avait proposé en mars de rendre les entreprises de l'UE responsables des atteintes aux droits humains et à l'environnement au long de leur chaîne de production -un "devoir de vigilance" inédit les contraignant à agir de manière anticipée pour corriger les "effets négatifs" de leur activité.

J. Br. avec AFP