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Quand Stéphane Richard mettait en garde contre l’éviction de Huawei et ZTE

Invité sur le plateau de Good Morning Business, le 13 décembre dernier, le patron d’Orange rappelait l’importance de ne pas se passer des deux géants chinois sur le secteur des télécoms.

L’étau se resserre autour de Huawei et ZTE. Jeudi, Reuters assurait que la Maison blanche réfléchissait à un décret d’urgence nationale, interdisant aux entreprises américaines d’utiliser des équipements de télécommunications fabriqués par les deux groupes chinois. Au Royaume-Uni, en Australie ou encore au Japon, les inquiétudes se multiplient face à la domination de ces entreprises sur le secteur des réseaux télécoms. Alors que la 5G se met doucement en place, l’ombre des services de renseignement chinois plane sur ces équipements très sensibles.

En France, les opérateurs sont invités à ne pas solliciter ces entreprises pour les futures infrastructures. Une volonté actée par Orange qui se passera donc de Huawei pour le déploiement de sa 5G en France. « Je tiens compte des messages de prudence envoyés par les autorités en France » expliquait Stéphane Richard sur le plateau de Good Morning business, le 13 décembre dernier.

Sans Huawei et ZTE ? « Non, ce n’est pas mieux »

A l’époque, le patron d’Orange mettait, tout de même, en garde contre l’éviction des deux mastodontes. « On a toujours une préférence pour les équipementiers européens mais si vous dites non à Huawei, non à ZTE qui est l’autre grand acteur chinois, vous ne vous retrouvez plus qu’avec des européens. Est-ce que c’est mieux ? Sur le plan de la concurrence, de la recherche, non, ce n’est pas mieux » tranchait-il à l’époque.

« Ce qui me gêne dans ce débat, c’est que cela reste sur un plan politique et pas technique » affirmait-il. « On reste dans le fantasme : Ils sont Chinois, ils ont des liens avec l’armée chinoise donc on ne peut pas les laisser toucher à nos équipements télécoms (…) Essayons de mettre des choses objectives là-dedans. »

De son côté, Huawei reste « déterminé à atteindre le sommet (…) Les revers ne nous rendront que plus courageux et un traitement incroyablement injuste nous poussera à devenir numéro un mondial [des équipements télécoms]» a expliqué dans son message du nouvel an, Guo Ping, l'un des trois responsables assurant la présidence tournante de Huawei. Avec un message en guise de promesse : « plus grande est la difficulté, plus grande est la gloire. »