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Quand les revenus des patrons battent des records

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Après la publication des revenus 2007 des patrons du Cac 40, explications sur ce que ces chiffres révèlent.

Après avoir publié les revenus 2007 des patrons du CAC 40 dans « L'Expansion », Franck Dedieu, journaliste auteur de cette enquête, était sur RMC. Ainsi, il a expliqué cette explosion (+58%) des rémunérations des grands patrons : « Leurs salaires augmentent de 5%, ce qui est supérieur à la moyenne des salariés tout de même, et les bonus augmentent dans les mêmes proportions. Ce qui est multiplié par 3 ou 4, c'est les stock-options, qui sont liées à la hausse des cours en Bourse. Pierre Verluca, leader de notre classement, a touché 19 années de salaires en un an grâce aux stock-options ».

« On peut dire qu'ils ont senti le vent boursier tourner et ont vendu leurs stock-options au prix fort. Ils n'ont pas liquidé toutes leurs stock-options, il leur en reste à vendre. Ils ont maintenant pris l'habitude de se faire un complément de salaire par levée de stock-options ».

« En 2007, l'augmentation de leurs salaires a été raisonnable, mais il y a quelques points noirs, comme Patricia Russo d'Alcatel qui voit son salaire augmenter fortement alors que ses résultats sont catastrophiques. C'est une course sans fin qui peut être stoppée s'il y a une baisse des bénéfices. Ils sont dans une sphère différente de la notre à la fois en terme de salaires mais aussi d'environnement économique, qui fait qu'ils bénéficient à tous les égards de la mondialisation ».

Daniel Lebègue, le président de l'Institut Français des Administrateurs (association qui regroupe les membres des conseils d'administration des grandes entreprises), dénonce ces rémunérations qui n'arrêtent pas d'augmenter. D'après lui, l'une des raisons, c'est la nouvelle transparence sur les salaires des patrons : « quand on sait les choses, il y a un effet d'imitation et d'envie. Quand un dirigeant d'une grande entreprise sait quelle est la rémunération d'un concurrent, il a tendance à se positionner par rapport à cette référence ».

La rédaction et Yann Abback