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Novelli : « Plus de liberté et de souplesse »

Hervé Novelli, invité de J-J. Bourdin, le mardi 23 octobre

Hervé Novelli, invité de J-J. Bourdin, le mardi 23 octobre - -

Hervé Novelli, Secrétaire d’Etat chargé des entreprises, du commerce extérieur et de l’artisanat défend l’idée d’une baisse des prix pour relancer la consommation.


Thème n°1 : Le pouvoir d’achat

J-J B : Pendant sa campagne Nicolas Sarkozy nous a dit vouloir être le Président du pouvoir d’achat…Pour beaucoup, il y a une véritable inquiétude, un souci à la fin du mois : il est difficile de boucler le budget. Allez-vous conditionner les allégements de charges accordées aux entreprises à la signature ou non d’accords salariaux ?
H N : Je ne sais pas, n’anticipez pas. Il y a cette convention avec l’ensemble des ministres en charge de ces dossiers, le patronat, les syndicats. Il est clair que le pouvoir d’achat est la préoccupation numéro 1 des français.

J-J B : Le constat on l’avait fait pendant la campagne présidentielle…
H N : Oui mais c’est aujourd’hui, qu’à la demande du Président de la République, il y a cette rencontre très importante sur les salaires et le pouvoir d’achat.

J-J B : Il y a cette réflexion au sein du Gouvernement : est-ce qu’il faut conditionner les allégements de charges accordées aux entreprises à la signature d’accords salariaux dans ces entreprises ?
H N : La signature d’accords salariaux elle est liée à la bonne santé ou à la capacité des entreprises à pouvoir offrir des salaires décents et suffisants aux salariés qui sont employés. Si les entreprises ne sont pas profitables, si elles distribuent des salaires qu’elles ne sont pas en mesure d’assumer, c’est des dépôts de bilan et là, pour le coup, ce n’est pas du pouvoir d’achat qui disparaît, ce sont des emplois. Le problème est de savoir comment peut-on faire pour qu’il y ait des distributions de pouvoir d’achat sans que la situation économique globale des entreprises soit affectée ? Ça passe par deux choses : premièrement, c’est vrai, on peut distribuer du pouvoir d’achat, pas forcément en distribuant des salaires supplémentaires mais en faisant baisser les prix. Et deuxième option : rétablir la compétitivité de notre économie qui aujourd’hui est en situation difficile, il ne faut pas se voiler la face. C’est une œuvre de plus longue haleine mais c’est grâce à une économie compétitive qu’on pourra distribuer des salaires convenables.

J-J B : Vous ne répondez pas à ma question, est ce que vous êtes favorable au conditionnement des allégements de charges accordées aux entreprises après la signature d’accords salariaux de ces entreprises ? Je vais être plus clair : une entreprise bénéficie d’allégement de charges, on ne les lui accordera ces allégements que si elle signe des accords salariaux. Vous êtes favorable à ça ?
H N : C’est une idée qui court au Gouvernement et je ne suis pas favorable. Ce qui m’importe là où je suis, c’est de faire en sorte que les entreprises puissent assumer à la fois des distributions de salaires sans que pour autant on rentre dans un système à gaz.

J-J B : Ça veut dire que nos entreprises ne sont pas assez fortes pour supporter ce genre de conditions ?
H N : Un certain nombre peuvent le faire, d’autres sont en situation d’équilibre ou dégagent très peu de marge. Nous avons perdu, en terme de compétitivité, près de 17 points en 5 ans. C’est dire que la situation consiste aussi, pour y remédier, à avoir des entreprises qui soient en forme et qui, parce qu’elles gagnent de l’argent, peuvent en faire bénéficier leurs salariés.

J-J B : Vous avez vu la Pub des centres Leclerc, « M. le Président, promettre la hausse du pouvoir d’achat c’est permettre la baisse des prix, visiblement c’est mal parti ». C’est une pub écrite dans tous les journaux.
H N : Je suis d’accord avec le premier membre de la phrase. Distribuer du pouvoir d’achat c’est réussir aussi à faire baisser les prix. C’est ce que je vous indiquais tout à l’heure. Je trouve par contre que le message anticipe un peu sur la deuxième partie de sa phrase, puisque les projets de loi du Gouvernement ne sont même pas encore proposés à l’Assemblée.

J-J B : Comment faire baisser les prix dans les grands magasins ?
H N : Par exemple, permettre de réintégrer les marges arrières, c’est à dire les marges de négociations qu’ont obtenu les distributeurs par rapport aux producteurs, de les réintégrer dans le prix de vente. Ça fait baisser les prix.

J-J B : est-ce qu’il faut organiser des soldes toute l’année ?
H N : Je ne sais pas, ça dépend de la situation dans telle ou telle ville. Ça n’est pas comme ça qu’on aura une action économique.

J-J B : On ne va pas autoriser la venter à perte ?
H N : Non on ne va pas autoriser la vente à perte. Mais ce que l’on va faire, en réintégrant ces marges arrières, c’est baisser les prix partout, ce qui équivaut si l’on veut à des soldes toute l’année. Lorsque l’on met de la liberté un peu partout dans l’économie on se porte bien mieux, il n’y a qu’à regarder à l’étranger pour le comprendre.

La rédaction-Bourdin & Co