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Les ambitions de l’Etat pour la FDJ

Le gouvernement veut vendre 20% de l’entreprise publique aux particuliers. Il espère surtout récupérer près de 2 milliards d’euros lors de sa privatisation. L’opération sera lancée par Bruno Le Maire en fin de semaine prochaine.

La privatisation de la Française des Jeux (FDJ) se précise. Selon nos informations, le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, dévoilera en fin de semaine prochaine les modalités de l’opération qui sera lancé en novembre prochain. L’Etat vendra 50% du capital de la FDJ sur sa participation de 72%. Il envisage d’en vendre environ 20% aux particuliers, 5% aux salariés -comme le préconise la loi Pacte- et 25% aux investisseurs institutionnels. Des ordres de grandeurs qui sont susceptibles d’évoluer selon l’appétit des épargnants et investisseurs pour FDJ.

La vente d’actions FDJ aux particuliers sera une opération délicate. Depuis l’an passé, une réglementation (Mifid 2) protégeant les épargnants, interdit aux banques de démarcher leurs clients. Dit autrement, lors des privatisations d’EDF ou GDF, les banques françaises incitaient largement les clients à acheter des actions. Désormais, elles ne pourront plus être proactives. Ce sera au gouvernement de faire la promotion de sa privatisation. Bercy proposera d’abord une décote sur le prix des actions FDJ pour attirer les particuliers. Il les encouragera aussi en distribuant une action gratuite pour dix actions achetées.

Le prix des actions n’a pas encore été fixé mais sur des privatisations destinées au grand public, il doit être abordable pour les épargnants individuels. Une fourchette de prix comprise entre 15 et 20 euros a été recommandée par la plupart des banques de l’Etat. En 2005, le prix de 32 euros des actions EDF était trop élevé.

Capital verrouillé

Pour les 25% destinés aux investisseurs institutionnels, l’Etat souhaite aussi fédérer un "noyau" d’actionnaires de long terme identifiés pour protéger le capital de l’entreprise. Avec les 20% qu’il conservera dans la FDJ, les 20% des associations d’anciens combattants (Gueules Cassées…) et ces actionnaires stables, près de la moitié du capital de l’entreprise sera ainsi verrouillé.

Sur le plan financier, l’Etat espère récupérer près de 2 milliards d’euros de cette privatisation. Un objectif visé officieusement par Bercy, mais qui sera difficile à atteindre. Les banques mandatées par l’Etat estiment que la FDJ vaudra entre 3,5 et 4 milliards d’euros en Bourse. Au minimum, l’Etat devrait ainsi récupérer entre 1,7 et 2 milliards d’euros, même si la fourchette haute semble difficile à atteindre. "On est sur une activité méconnue des marchés et très réglementée donc les investisseurs seront prudents" tempère un banquier.