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Laurent Grandguillaume, le socialiste qui veut dialoguer avec les patrons

Laurent Grandguillaume constitue l'une des passerelles entre la gauche et le monde de l'entreprise.

Laurent Grandguillaume constitue l'une des passerelles entre la gauche et le monde de l'entreprise. - -

Le député de Côte d’Or est chargé d’une mission parlementaire sur le statut des auto-entrepreneurs, dont la réforme est présentée ce mercredi 21 août. Portrait d’un élu qui veut réconcilier la gauche avec l’entreprise.

Les relations entre le Parti socialiste et les entreprises ont rarement été au beau fixe. En témoignent les nombreux efforts (parfois maladroits) du gouvernement depuis son arrivée au pouvoir, pour se rabibocher avec le secteur privé.

Dans ce contexte, Laurent Grandguillaume constitue un atout précieux. Alors que Sylvia Pinel présente son projet de loi "artisanat, commerce et TPE", mercredi 21 août, le député de Côte d’Or est, lui, chargé d'une mission parlementaire en vue du changement de statut des auto-entrepreneurs. Un choix qui ne doit rien au hasard.

"Beaucoup d'incompréhensions" avec les Pigeons

Depuis juin 2012, ce titulaire d’une maîtrise en sciences économiques a notamment fondé en octobre un groupe de réflexion baptisé Entreprendre à gauche. Et ce, dans le but de "démontrer que l’on peut être de gauche et dialoguer avec les entreprises". Ce dernier compte une dizaine de parlementaires, dont Thierry Mandon, l’un des porte-parole du PS.

Sa date de création n’est d’ailleurs pas anodine, puisqu’elle correspond au fameux mouvement des pigeons. Une période "complexe, avec beaucoup d’incompréhension", selon lui.

"Pour créer de la richesse, il faut créer des entreprises"

Alors qu’il est souvent reproché à la gauche de méconnaître le secteur privé, Laurent Grandguillaume fait donc, en compagnie de quelques autres, figure d’exception. Avec un discours clair : "nous devons créer du travail. Pour créer du travail, il faut créer de la richesse. Et pour créer de la richesse, il faut créer des entreprises. Il n’y a pas plus simple", explique-t-il à BFMBusiness.com. Il prône donc un "dialogue permanent" entre ces dernières et les élus de la République.

Il a l’avantage de connaître les deux bords: ancien attaché commercial chez BNP Paribas, il quitte ensuite le secteur privé pour rejoindre le cabinet de François Rebsamen, le sénateur-maire PS de Dijon. Avant de devenir maire adjoint de la ville, puis conseiller général, pour enfin quitter l’ensemble de ses fonctions lors de son élection à l’Assemblée.

Critique vis à vis de la défiscalisation des heures sup'

A seulement 35 ans, ce proche de François Hollande (il est entré au PS alors que l’actuel président venait d’en être élu Premier secrétaire) se définit comme un "réformiste de l’audace".

Au risque, parfois, de mettre les pieds dans le plat. Comme lorsqu’il critique en partie, avec Thierry Mandon, la refiscalisation des heures supplémentaires, pourtant l’une des mesures phare de la première année du quinquennat.

"D’un point de vue macroéconomique, c’était une mauvaise chose de défiscaliser, car c’est une mesure qui a coûté très cher", explique-t-il aujourd'hui. "Mais pour certains revenus modestes, la refiscalisation n’est pas la solution adéquate. Nous ne devons pas avoir d’œillères !"

Chargé d’une mission parlementaire qui déterminera le changement de statut des auto-entrepreneurs, Laurent Grandguillaume constitue peut-être la clé de la réconciliation entre ces dernières et le gouvernement.

Yann Duvert