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L'ex-"patronne" des restaurateurs va quitter son bureau

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PARIS - L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) a été déboutée de sa demande d'expulsion de son ex-présidente, qui occupe son...

PARIS (Reuters) - L'Union des métiers et des industries de l'hôtellerie (Umih) a été déboutée de sa demande d'expulsion de son ex-présidente, qui occupe son propre bureau au siège de l'organisation depuis le 10 mars.

En outre, Christine Pujol a obtenu l'expulsion des vigiles placés dans les locaux par ses adversaires au siège de la rue d'Anjou, dans le VIIIe arrondissement de Paris, et indirectement l'autorisation de pouvoir circuler librement dans les locaux.

En conséquence, l'ex-présidente de l'Umih envisageait de quitter son bureau, où elle s'était auto-séquestrée, en fin de journée avec l'intention d'y revenir lundi, a-t-on indiqué dans son entourage.

"Elle ne passera pas le week-end dans son bureau et va rentrer chez elle. C'est un peu une version judiciaire de l'arroseur arrosé", a-t-on souligné.

Le tribunal n'a vu aucun "trouble manifestement illicite" dans la démarche de Christine Pujol, qui dormait par terre dans son bureau en compagnie d'une collaboratrice.

Des proches les ravitaillent en leur faisant parvenir des paniers de nourriture par la fenêtre, grâce à un système de poulie.

Le tribunal a également désigné un mandataire judiciaire pour faire procéder à de nouvelles élections internes.

Dans un communiqué, le nouveau président de l'organisation, Roland Héguy, et son directoire, prennent acte de cette décision de justice et souhaitent que les nouvelles élections "se tiennent le plus rapidement possible pour que l'Umih retrouve sa sérénité."

"Nous sommes impatients de retourner devant nos mandants pour cette nouvelle élection qui, nous l'espérons, va permettre de définitivement tourner la page", écrivent-ils.

Parallèlement, Christine Pujol a reçu le soutien de trois départements.

LA TVA EN TOILE DE FOND

Deux dirigeants locaux de l'Umih représentant l'Aude, la Loire-Atlantique et le Maine-et-Loire appuient la procédure visant à contester en justice le "coup de force" qui, selon Christine Pujol, a permis à des proches de son prédécesseur André Daguin de la destituer en novembre dernier, a précisé son entourage.

Christine Pujol a occupé son bureau au lendemain d'une première décision de justice l'ayant déboutée de son recours contre l'élection interne pour des motifs de forme.

Une nouvelle assemblée générale a élu lundi Robert Heguy et Hervé Becam respectivement à la présidence et à la vice-présidence du syndicat, avec plus de 80% des suffrages, et confirmé la destitution de Christine Pujol.

Cette dernière considère que cette procédure, comme celle de novembre, est irrégulière, et souligne qu'un nombre élevé d'adhérents n'ont pas voté.

Ce conflit a pour toile de fond le dossier de la baisse de la TVA dans la restauration de 19,6% à 5,5%, consentie par Nicolas Sarkozy et entrée en vigueur le 1er juillet dernier.

En contrepartie, la profession s'est engagée à baisser les prix de 11,8% sur au moins sept produits. Elle a aussi promis l'embauche de 40.000 personnes en deux ans et des augmentations de salaires.

La mesure, qui va coûter 2,4 milliards d'euros par an à l'Etat, n'a pas produit de résultats très probants pour l'instant, selon des études officielles.

Certains restaurateurs déclarent publiquement qu'ils n'entendent pas mettre en oeuvre les baisses de prix, du fait de la crise, argument relayé par Christine Pujol.

Ses adversaires le lui reprochent, mais l'ex-présidente de l'Umih affirme qu'il ne s'agit que d'un "prétexte".

Gérard Bon et Thierry Lévêque, édité par Sophie Louet