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L'entreprise Heuliez fixée sur son avenir ce mercredi

L'équipementier automobile Heuliez sera fixé sur son avenir ce mercredi avec la décision du tribunal de commerce de Niort (Deux-Sèvres) concernant son repreneur. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé

L'équipementier automobile Heuliez sera fixé sur son avenir ce mercredi avec la décision du tribunal de commerce de Niort (Deux-Sèvres) concernant son repreneur. /Photo d'archives/REUTERS/Stéphane Mahé - -

L'équipementier automobile Heuliez sera fixé sur son avenir ce mercredi avec la décision du tribunal de...

par Claude Canellas

BORDEAUX (Reuters) - L'équipementier automobile Heuliez sera fixé sur son avenir ce mercredi avec la décision du tribunal de commerce de Niort (Deux-Sèvres) concernant son repreneur.

Les magistrats ont entendu mercredi dernier les arguments des deux candidats à la reprise: le fonds d'origine malaisienne Delamore and Owl (D&O) et le binôme composé de la société française BGI (Baelen de Gaillard Industries) et de la société allemande ConEnergy associée au groupe Kohl qui évolue dans le secteur de la santé.

Devant la situation dégradée de l'entreprise de Cerizay (Deux-Sèvres), le tribunal l'avait de nouveau placée en redressement judiciaire le 21 mai avec une période d'observation de six mois et une audience d'étape fixée au 28 juillet.

Heuliez avait déjà été placé en redressement judiciaire il y a près d'un an, avant d'en sortir en raison d'un projet de reprise par le groupe Bernard Krief Consulting (BKC). Ce dernier n'a jamais apporté les 15 millions d'euros promis.

Depuis plus d'un an, Heuliez est devenu le symbole des difficultés de l'industrie automobile en France.

L'Etat a promis 10 millions d'euros via le Fonds stratégique d'investissement (FSI) et la région Poitou-Charentes s'est engagée à hauteur de cinq millions d'euros qui ont été versés à Heuliez Véhicules Électriques.

Mercredi dernier, au cours de l'audience à huis clos, le personnel, par la voix du secrétaire du comité d'entreprise Claude Point (CFDT), a dit préférer le dossier BGI-ConEnergy, comme l'a également fait le procureur de la République de Bressuire, Jacques Bouzigues.

481 EMPLOIS SAUVEGARDÉS

Le projet présenté par ce tandem franco-allemand prévoit que BGI reprenne les activités traditionnelles d'emboutissage et de carrossage de la société Heuliez New World, placée en redressement judiciaire avec la holding Heuliez Concord.

ConEnergy et le groupe Kohl reprendraient les activités autour de la voiture électrique regroupées au sein de Heuliez Véhicules Electriques (HVE), confiée en attendant à Trans Consult International (TCI), société spécialisée dans la gestion de crises, qui assure un management de transition.

Les deux sociétés se sont engagées à reprendre 481 salariés (70 en portage, c'est-à-dire en chômage technique et formation) dont 333 pour BGI (20 en portage).

Cette entreprise dirigée par François Gaillard, cadre chez Heuliez durant une dizaine d'années, apporterait 3,1 millions d'euros et s'est engagée à verser 1,2 million supplémentaires d'ici un an.

L'une de ses activités serait axée sur la construction du châssis et de la carrosserie de la Mia, un véhicule électrique léger et à bas coût présenté au dernier Salon de Genève.

HVE serait repris par ConEnergy, société allemande du secteur automobile, associée au groupe Kohl. Ces deux sociétés sont prêtes à mettre 10 millions d'euros sur la table, dont huit millions pour Kohl.

L'autre projet de reprise est présenté par le fonds d'origine malaisienne, qui porte sur l'ensemble de l'activité industrielle du groupe Heuliez avec un apport de 25 millions d'euros.

D&O s'est dit prêt à reprendre 450 salariés sur 600 environ, mais en mettant entre zéro à 220 d'entre eux en portage.

Ce groupe basé à Londres possède 48 sociétés dans 30 pays. Son dirigeant, Sanijeev Kunar, se dit bien placé pour ouvrir Heuliez aux marchés émergents, les seuls selon lui à connaître une forte croissance et des perspectives de développement.

Edité par Sophie Louet et Gilles Trequesser