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Un fonds suédois s'offre la Saur, le numéro 3 français de l'eau

Fondée en 1933, la Saur est le numéro trois de l'eau en France derrière les géants Veolia et Suez. (image d'illustration)

Fondée en 1933, la Saur est le numéro trois de l'eau en France derrière les géants Veolia et Suez. (image d'illustration) - Anne-Christine Poujoulat - AFP

Le fonds d'investissement EQT est entré en négociations exclusives avec les actionnaires du groupe Saur en vue de le racheter. L'opération pourrait être finalisée avant la fin de l'année.

Fondée en 1933 et actuellement détenue par les banques BNP Paribas et BPCE, la Société d'aménagement urbain et rural (Saur) pourrait passer sous pavillon suédois avant la fin de l'année. "Ce projet d'opération fera l'objet des consultations sociales requises et reste soumis aux autorisations réglementaires usuelles", précise le groupe français, sans livrer de détail financier. 

Le groupe Saur -numéro trois français de l'eau derrière Veolia et Suez- avait présélectionné le mois dernier quatre candidats (outre EQT, les américains KKR et I-Squared ainsi que le français Meridiam) parmi les onze qui avaient manifesté leur intérêt.

Des critères de rachat stricts 

La direction avait fixé un certain nombre de critères pour faire son choix: le prix, la nature de l'acquéreur (avec une préférence pour un investisseur de long terme présent dans le secteur des infrastructures), l'adhésion au projet de l'entreprise ainsi qu'un certain nombre de critères sociaux dont le maintien en France des centres de décision.

EQT, fondé en 1994 par la célèbre famille d'industriels suédois Wallenberg, se veut pour sa part un investisseur "responsable". "Le réseau industriel d'EQT apportera des expériences complémentaires en matière de gestion des infrastructures hydrauliques, de numérisation et de développement durable", souligne Matthias Fackler, associé chez EQT Partners.

La Saur vise 2 milliards d'euros de chiffre d'affaires en 2022

Menacée de dépôt de bilan il y a cinq ans, avec une dette de plus de 1,7 milliard d'euros, et finalement repris par ses banques créancières en 2013, la Saur a amélioré sa situation financière.

Le groupe avait lancé début 2018 le processus de "recomposition" de son capital, avec en ligne de mire le retrait de certains de ses actionnaires. Elle comptait l'an dernier 9.000 salariés pour 1,3 milliard d'euros de chiffre d'affaires et vise 2 milliards d'euros dans quatre ans, dans le cadre de son projet "Initiative 2022" lancé par le président exécutif, Louis-Roch Burgard.

Le groupe compte aussi se développer à l'international, qui représente aujourd'hui moins de 10% de son activité, en particulier en Arabie Saoudite, en Amérique latine ou en Asie. À cet égard, l'arrivée d'EQT "constituerait une étape importante" pour accompagner le groupe dans ses ambitions stratégiques, estime la Saur.

A.M. avec AFP