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Relocalisation de l'industrie: pour Louis Gallois,"il ne faut pas se faire beaucoup d'illusions" 

Le président de La Fabrique de l'Industrie et président du conseil de surveillance de PSA met en garde sur les espoirs de voir revenir en France des industries importantes comme celles de l'automobile. "Il faut trouver un modèle économique. Est-ce que les gens sont prêts à payer leurs voitures plus chères?" s'interroge-t-il.

Le "monde d'après" se prépare mais difficile d'en donner les contours. Grand bouleversements ou ajustements à la marge? La question des relocalisations fait partie du débat alors que la France a affiché, pendant la crise, la faiblesse de son tissu industriel, notamment dans le domaine sanitaire.

Invité sur le plateau de "12H, l'Heure H", Louis Gallois, président de La Fabrique de l'Industrie et président du conseil de surveillance de PSA, met en garde sur ces espoirs de relocalisations. "Moi, je parle de réindustrialisation" souligne-t-il. "C'est cela qui est important. Relocalisations, il faut voir au cas par cas."

"Pour certaines industries, je n'y crois pas, c’est vrai"

Pour le dirigeant, l'activité de trois secteurs industriels doivent ainsi largement augmenter dans l'Hexagone: la santé, l'agroalimentaire et le numérique. Pour les autres industries, ce sera bien plus compliqué, notamment pour l'automobile. "On peut le faire, mais il faudra nous expliquer dans quelles conditions économiques on le fait d'abord, premièrement. Et deuxième, vous n'accédez pas à certains marchés si vous ne produisez pas sur ces marchés. N'essayez pas de vendre en Inde si vous ne les produisez pas en Inde" explique-t-il.

"Pour certaines industries, je n'y crois pas, c’est vrai" tranche-t-il. "Pour l'automobile, ça a été une question de coûts" qui a conduit à délocaliser, en l'occurrence le poids des charges sociales et des salaires.

"Il faut trouver un modèle économique" poursuit-il. "Est-ce que les gens sont prêts à payer leurs voitures plus chères? Il ne faut pas se faire beaucoup d'illusions. La relocalisation, ça veut dire une augmentation des coûts."

Thomas Leroy