BFM Business

Rafale: la commande de l'Inde qui arrange bien la France

La France a finalement réussi à vendre 36 Rafale à l'Inde.

La France a finalement réussi à vendre 36 Rafale à l'Inde. - Reuters

En visite en France ce vendredi, le Premier ministre indien, Narendra Modi, a indiqué avoir commandé 36 Rafales à la France. De quoi enlever une épine du pied au gouvernement.

Ce ne sera pas 126, ni 63 mais 36 Rafales. Le Premier ministre indien, Narendra Modi, en visite en France ce 10 avril, a officialisé la commande de 36 avions de combats de Dassault. "J'ai demandé au président Hollande de nous fournir 36 Rafale, prêts à voler", a-t-il déclaré lors d'un point de presse avec le chef de l'Etat français.

Les négociations exclusives avaient commencé début 2012 entre Bombay et Paris sur ce qui devait être le "contrat du siècle" pour le français Dassault, qui construit ces avions de combat. Elles portaient à l'époque sur la vente de 126 appareils. 

Même si elle est plus faible que prévu, cette commande arrange bien les affaires de l’Etat. La France devait en effet exporter 40 Rafale d’ici à 2019 pour éviter d’avoir à réviser à la hausse son budget de la Défense. Une obligation liée à une clause spécifique du contrat de vente à l’armée française, assurant à Dassault un minimum de production annuelle. Il faut en effet savoir que, pour simplement rester viable, la ligne d’assemblage de Bordeaux Mérignac doit produire 11 Rafale par an.

Une très bonne affaire pour les finances publiques 

Or la loi de programmation militaire 2014-2019 a prévu de n’acheter que 26 exemplaires durant ces six années, alors qu’il en faudrait 66 pour maintenir la viabilité du site. D’où la nécessité d’en exporter au moins 40, sachant, par ailleurs, que plus le rythme de production peut être augmenté, plus les coûts de production sont susceptibles de baisser. Après les 24 exemplaires vendus en février à l'Egypte, ces 36 avions à livrer à l'armée indienne arrivent donc à point nommé.

En outre au début des discussions, le gouvernement indien voulait que l'essentiel des chasseurs achetés soient fabriqués sur son sol. Une exigence qui aurait extrêmement alourdi la facture: il aurait fallu reconstituer un réseau complet de sous-traitants et d'équipementiers. Finalement, ils seront construits en France, où cette filière existe déjà. Pour Bombay, cela rend leur coût unitaire moins élevé. Pour Paris, faire fabriquer ces avions dans les usines de Dassault assure plusieurs années de travail aux 500 sous-traitants et équipementiers du groupe.

Depuis son entrée en service en 2004 dans les forces armées françaises, le Rafale avait essuyé six échecs à l'export avant d'aboutir à ces deux venets quasiment coup sur coup. D'autres discussions sont en cours actuellement, notamment avec le Qatar, les Emirats arabes unis et la Malaisie. 

P.K., M.S. et N.G.