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Quel avenir pour l'usine de Whirlpool à Amiens?

Dans les couloirs de Bercy, on est "affligé" par ce déferlement politique et médiatique sur le site de Whirlpool.

Dans les couloirs de Bercy, on est "affligé" par ce déferlement politique et médiatique sur le site de Whirlpool. - Denis Charlet - AFP

L'usine picarde Whirlpool a été le théâtre d'une bataille médiatique entre Marine Le Pen et Emmanuel Macron ce mercredi. Une agitation qui agace ceux qui s'activent en coulisses pour trouver un avenir au site et à ses salariés.

Après Gandrange en 2007, Florange en 2012, Whirpool s'impose en 2017 comme le site industriel menacé sous les projecteurs de la campagne présidentielle. Les deux finalistes se sont rendus ce mercredi auprès des ouvriers Whirlpool d'Amiens. Alors même qu'en coulisses, notamment à Bercy, on s'active pour trouver un avenir à cette usine spécialisée dans la production de sèche-linge.

En janvier, la direction du groupe d'électroménager a annoncé qu'elle délocaliserait sa production en Pologne en 2018, avec pour effet l'abandon du site d'Amiens. Depuis, en coulisses, le gouvernement et la direction s'activent pour trouver un repreneur et une solution pour les 290 salariés picards.

L'agitation politique parasite les négociations

Le spectacle de ce mercredi ne les enchante guère. Dans les couloirs de Bercy, on est "affligé" par ce déferlement politique et médiatique sur le site du groupe Whirlpool qui détient aussi les marques Indesit, Bauknecht et KitchenAid. "Les négociations en coulisses se passaient bien, le gouvernement travaillait main dans la main avec la région, la collectivité", explique une source proche du dossier. Selon elle, ces déplacements très médiatisés "viennent polluer le dossier, l'agitation politique parasite les négociations. On va faire fuir les entrepreneurs", craint cette source. Alors qu'il y a des candidats à la reprise. Une quinzaine s'est déclarée, et deux parmi eux sont jugés très sérieux, "deux entreprises solides", indique un participant aux discussions sans donner plus de précision.

L'objectif du gouvernement, c'est le maintien de l'activité industrielle et le maintien de l’emploi sur le site. D'autant que si les négociations ne concernent pas que les quelques 300 salariés picards du groupe mais aussi les 60 personnes employées par Prima, un sous-traitant qui travaille exclusivement pour Whirlpool.

Bernard Cazeneuve, le Premier ministre, a promis de mettre en place d'un comité de suivi du dossier qui surveillera la suite au-delà de l'élection. Une réunion est prévue vendredi à 14h30 pour faire le point avec tous les acteurs du dossier. Les repreneurs éventuels, eux, ont jusqu'au 26 mai pour remettre leur "manifestation d'intérêt", et jusqu'au 2 juin pour déposer une offre formelle.

Jean-Baptiste Huet, édité par N.G