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Pourquoi les prix du pétrole ne devraient pas flamber en 2020

Invité sur BFM Business, Alexandre Andlauer, analyste financier chez Kpler, ne s'attend pas à une envolée spectaculaire des cours pétroliers l'an prochain.

Avec d'un côté des investisseurs moins enclins à tabler sur le secteur pour des questions environnementales, de l'autre des coupes de production opérées par les pays membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) pour pallier des cours qui ont du mal à remonter, le marché pétrolier pourrait bien se révéler moins porteur en 2020 qu'en 2019. C'est en tous cas ce que prévoit Alexandre Andlauer, analyste financier au sein de Kpler, invité ce lundi sur BFM Business.

Des coupes de production loin d'être généralisées au sein de l'Opep

"La réalité déjà, c'est que nous, on n'a pas vraiment vu de coupes de l'ensemble des pays de l'Opep", souligne-t-il. "On voit bien que la coupe de production des pays de l'Opep s'est effectuée grâce à deux pays qui sont l'Iran et le Venezuela. Si on exclut ces deux pays-là, on a plutôt une hausse de la production – surtout des exportations – (…) qui met à mal toute leur communication. Pour nous l'Opep a continué de produire plus, mais c'est vrai qu'avec le facteur Iran et Venezuela – qui est lié tout simplement à l'embargo avec les Etats-Unis – on n'a pas vu cette baisse. Mais, au final, tous les pays ensemble, 'oui', il y a une baisse. Je pense qu'ils seront contraints de continuer cette coupe parce que justement on a eu trop d'offres qui est venue par ailleurs".

Aussi, l'expert table sur le fait que si croissance de la production il y a en 2020, cette dernière émanera principalement des pays qui se trouvent en dehors de l'Opep et des Etats-Unis. "On a des grands projets offshores qui font leur retour et qui sont des projets qui ont été lancés il y a quelques années mais qui arrivent maintenant à une période de mise en production", pointe par ailleurs Alexandre Andlauer.

Gare aux élections américaines?

Dans ce contexte, les élections américaines de 2020 ne risquent-elles pas de freiner la production de schiste américain? A propos des démocrates, l'expert explique qu'il "y en a certains qui veulent interdire le forage dans des zones où (…) les terres appartiennent à l'Etat. Donc ça, ça peut ralentir (la production, NDLR), sachant qu'une bonne partie de la production de schiste est quand même détenue par les privés. Mais c'est vrai que cela peut entraîner une baisse de dynamique", estime-t-il.

Avant de préciser: "Maintenant, aux Etats-Unis il ne faut pas oublier que c'est le premier consommateur de pétrole au monde. Même un démocrate n'ira pas se tirer une balle dans le pied parce que c'est beaucoup d'emplois, c'est beaucoup d'argent, c'est une balance commerciale qui est plutôt favorable. Donc je ne crois pas qu'il puisse y avoir un changement en tous les cas pour le pétrole américain suite aux élections de 2020", conclut-il.

J.C-H