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Malgré des résultats en baisse, Michelin assure qu'il a assez de cash pour résister à la crise

Le spécialiste du pneu dit avoir les reins assez solides pour supporter une baisse jusqu'à 30% de ses volumes sur l'exercice en cours.

Le manufacturier français de pneumatiques Michelin a vu son chiffre d'affaires baisser de 8,3% au premier trimestre, à 5,3 milliards d'euros, en raison de la chute du marché liée à la pandémie de coronavirus, selon un communiqué publié mercredi.

"La demande de pneumatiques a fortement baissé à la suite de l'adoption progressive de mesures de confinement des populations dans les différentes régions du monde, affectant l'ensemble des secteurs d'activité", a souligné le groupe.

Michelin s'estime suffisamment solide financièrement pour résister à la crise et éviter de demander un prêt garanti par l'Etat. "Des tests de résistance, avec des hypothèses de perte de volume sur l'exercice allant de -20% à -35%, ont montré que le groupe disposait de la liquidité suffisante sans tirer sur ses lignes de crédit confirmées de sécurité", souligne-t-il.

Sur BFM Business ce jeudi, Yves Chapot, directeur administratif et financier du groupe confirme que "Michelin est très solide. Nous avions 2,3 milliards d'euros de trésorerie hier matin (mercredi, NDLR), nous avons la possibilité de nous financer sur les marchés des billets de trésorerie, le groupe a émis plus d'un milliard de billets de trésorerie depuis le début du mois de mars et nous avons pris les mesures de pilotage de notre stock, pilotage de nos investissements".

Et d'ajouter : "Nous avons décidé de réduire nos investissements de 500 millions d'euros en 2020 par rapport à ce que nous avions prévu initialement. Nous demanderons à nos actionnaires (...) de consentir à un effort en réduisant le dividende de 50%. Donc Michelin est solide et Michelin a les moyens de traverser cette crise d'une ampleur inédite".

Baisse des investissements et du dividende

Le chiffre d'affaires de Michelin a baissé de 6,9% pour la partie automobile, qui représente la moitié de l'activité, de 12,3% pour la branche poids lourds (un quart des ventes) et de 6,9% pour les pneumatiques de spécialité (génie civil, agriculture, aviation).

Les volumes ont baissé plus nettement (-11,7%). A titre de comparaison, le marché mondial des pneus automobiles a chuté de 15% de janvier à mars, celui des poids lourds de 17%, mais celui des pneumatiques de spécialité était seulement en "légère baisse".

Cet effet volume a été en partie compensé par des prix de vente plus élevés (+2%), reflet selon Michelin de "la solidité de la marque" ainsi que par l'élargissement du périmètre (+1%). La chute des volumes s'est cependant accélérée en mars (-21%) alors que l'épidémie de Covid-19 commençait à paralyser l'Europe et les États-Unis.

Baisse des prix des matières premières

Michelin estime que les impacts économiques de la pandémie "restent encore trop incertains pour établir avec fiabilité des prévisions de marché" et annoncer un objectif de résultat sur l'année.

Néanmoins, il affirme que la forte baisse des cours de matières premières, associée à sa capacité à vendre des pneus plus haut de gamme et plus chers, "permettra de légèrement atténuer l'impact beaucoup plus prononcé de la baisse des volumes"

Olivier Chicheportiche avec AFP