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Les ventes d'armes ont "un intérêt clair" pour la France assure Griveaux

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. (image d'illustration)

Le porte-parole du gouvernement, Benjamin Griveaux. (image d'illustration) - Bertrand Guay - AFP

Malgré les critiques d'ONG vis-à-vis de cette activité, le porte-parole du gouvernement a rappelé que les ventes d’armes françaises à l’Arabie Saoudite sont stratégiques pour l’industrie française.

Benjamin Griveaux a clarifié la position de la France concernant la vente d'armes auprès de puissances étrangères. "Tout dépend à qui vous vendez des armes, la façon dont elles peuvent être utilisées par la suite. En l'occurrence, là, il y a un intérêt clair pour l'industrie française à pouvoir procéder à ces échanges de nature commerciale avec l'Arabie Saoudite", a-t-il affirmé lors de "l'Épreuve de vérité", sur Public Sénat-Radio Classique-AFP.

À l'occasion de la visite à Paris du prince héritier Mohammed ben Salmane, plusieurs ONG ont, de nouveau, interpellé Emmanuel Macron au sujet des ventes d'armes françaises à l'Arabie Saoudite, soupçonnées d'être utilisées au Yémen.

"Ca ne veut pas dire qu'on ferme les yeux, mais, pour restaurer l'influence de la France dans certaines zones du monde, eh bien c'est un élément important de notre diplomatie. Notre industrie a aussi besoin de trouver des débouchés sur ces marchés", a encore réagi le porte-parole du gouvernement.

L'armement est "une industrie importante en France"

"Lorsque nous recevons des dignitaires étrangers, rien n'interdit d'avoir des discussions avec eux sur différents sujets, que ce soit droits de l'Homme ou autre", a ajouté Benjamin Griveaux. L'Arabie Saoudite est "un partenaire commercial important pour la France et il y a une industrie en France importante avec des milliers d'emplois à la clé sur cette industrie particulière qu'est l'industrie de l'armement", a-t-il insisté.

Les prises de commande de l'Arabie Saoudite ont explosé les deux années précédant le conflit au Yémen: 1,9 milliard d'euros en 2013 et 3,6 milliards en 2014 alors qu'elles se situaient habituellement autour de 600 à 800 millions d'euros, selon une étude de l'Observatoire des armements (Obsarm) et de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).

Le conflit yéménite oppose des forces pro-gouvernementales, appuyées notamment par les Saoudiens et les Emiratis, aux rebelles Houthis, soutenus par l'Iran et qui contrôlent la capitale Sanaa. Cette guerre a fait près de 10.000 morts depuis 2015, dont des milliers de civils, et provoqué ce que l'ONU qualifie de "pire crise humanitaire du monde".

A.M. avec AFP