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Les Etats-Unis deviennent le premier producteur de pétrole au monde

Les Etats-Unis sont devenus les premiers producteurs de pétrole au monde grâce à l'huile de schiste.

Les Etats-Unis sont devenus les premiers producteurs de pétrole au monde grâce à l'huile de schiste. - DAVID MCNEW - AFP

Le plus grand producteur d'or noir au monde n'est plus l'Arabie Saoudite mais les Etats-Unis, selon BP. Une performance réalisée grâce au pétrole de schiste, en dépit d'un environnement de prix bas.

L'Arabie saoudite a perdu son trône. L'émirat aux sous-sols gorgés d'hydrocarbures s'est vu ravir sa place de premier producteur de pétrole au monde par les Etats-Unis en 2014. C'est ce qu'a annoncé le géant BP, dans sa revue statistique sur l'énergie mondiale publiée mercredi. Une première depuis 1975.

Cette performance a été réalisée grâce au pétrole de schiste, que les Américains ont décidé d'exploiter à fond. La production mondiale a ainsi cru à un rythme jamais constaté auparavant, de 2,1 millions de barils par jour. Les seuls Etats-Unis ont augmenté leur production de 1,6 million de barils jour. "De loin la plus grosse croissance au monde". 

Les industriels du pétrole de schiste s'adaptent aux prix bas

"Les États-Unis ont dépassé à la fois l'Arabie saoudite et la Russie en tant que premier producteur mondial de pétrole pour la première fois depuis 1975", a indiqué Bob Dudley, le directeur général de BP. "Les implications de la révolution du schiste américain sont profondes", a-t-il insisté.

Et pourtant, nombre d'observateurs ont cru que les prix bas du pétrole allaient fragiliser les producteurs américains, étant donné que l'exploitation de l'huile de schiste coûte bien plus cher que celle de l'or noir traditionnel. Mais les industriels américains ont su s'adapter, raconte Christophe Hecker, co-auteur de "Gaz et pétrole de schiste, révolution planétaire et déni français", sur BFM Business. 

De retour des Etats-Unis, après trois jours dans le Dakota du nord, "à la rencontre des acteurs de l'industrie du pétrole de schiste", il a été bluffé par "la manière dont cette industrie a su s'adapter très rapidement à la baisse du prix du baril". Christophe Hecker a ainsi rencontré les dirigeants d'une société "qui est passée de 200 à 70 salariés, soit une réduction de ses effectifs des deux tiers, mais qui est aujourd'hui en ordre de marche pour affronter le défi d'un environnement de prix bas".

D'autant plus encourageant que la tendance à la stabilisation n'empêche pas la croissance. Pour preuve, Schlumberger, "grande société de services pétroliers, recommence même à embaucher, alors même que le prix du baril est compris entre 60 et 65 dollars". De quoi "tordre le coup aux à priori selon lesquels le pétrole de schiste n'est rentable que dans des ordres de prix compris entre 70 et 80 dollars". Dans certaines zones les plus prolifiques, "on arrive à extraire du pétrole pour moins de 30 dollars le baril", assure le spécialiste.

Les États-Unis ont donc pu réduire considérablement leurs importations de pétrole. Elles ont atteint en 2014 moins de la moitié de leur plus haut niveau de 2005, détaille le directeur général de BP. Si bien que le premier importateur de pétrole mondial n'est plus l'Amérique du nord mais la Chine.

Nina Godart avec AFP