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Le PDG d'Arianespace met les élus guyanais face à leurs responsabilités

Stéphane Israël, PDG d'Arianespace

Stéphane Israël, PDG d'Arianespace - jody amiet / AFP

Stéphane Israël a envoyé un courrier aux élus de Guyane dans lequel il détaille les importantes pertes financières subies par sa société depuis le début du mouvement social.

Les blocages en Guyane ont interrompu "trois campagnes de lancement" de la fusée Ariane, avec "plusieurs millions d'euros de surcoûts pour Arianespace et les industriels du centre spatial". Stéphane Israël s'est décidé à écrire un courrier à plusieurs élus guyanais pour les mettre face à leur responsabilité. Les blocages en cours "ont interrompu trois campagnes de lancement pour cinq clients différents: le gouvernement brésilien et les opérateurs commerciaux ktsat (Corée), SES (Luxembourg), Viasat (Etats-Unis), Eutelsat (France)", insiste le PDG d'Arianespace ans ce courrier dont l'AFP a eu copie. "Deux lanceurs différents -Ariane et Soyouz- sont impliqués dans ces campagnes, ainsi que trois constructeurs de satellites: Thales Alenia Space, Airbus, Boeing", a-t-il aussi observé. Les blocages ont "d'ores et déjà repoussé de plus d'un mois le lancement prévu le 21 mars dernier pour le Brésil et la Corée. Ce mois perdu peut se chiffrer à plusieurs millions d'euros de surcoûts pour Arianespace et les industriels du CSG", poursuit Stéphane Israël.

La "pérennité des emplois" en jeu

Selon lui, "l'image d'Arianespace et la disponibilité de ses services de lancement peuvent souffrir de cette situation". "Si le blocage devait persister, la réalisation de 12 lancements en 2017 serait menacée, ce qui aurait des conséquences financières lourdes", a mis en garde le PDG d'Arianespace, dans son courrier également adressé à Rodolphe Alexandre, président de la Collectivité Territoriale de Guyane. "La situation actuelle fragilise Arianespace, dans un contexte où la compétition est plus vive que jamais", a-t-il encore fait valoir.

Stéphane Israël a mis en avant que "1.700 salariés" travaillent sur la base pour Arianespace, le Cnes, et 36 entreprises regroupées au sein de l'Union des Employeurs de la Base Spatiale (UEBS). Soulignant que "notre activité génère 9.000 emplois au total" et "représente 40% de la masse salariale du secteur privé en Guyane", il a estimé que "ce qui est en jeu, c'est tout simplement la pérennité de ces emplois en Guyane". Et de conclure: "Comme toute activité (...) le lien entre la base spatiale et les territoires qui l'accueillent peut être renforcé, mais il ne fait aucun doute que le spatial constitue un poumon économique pour la Guyane". 

P.L avec AFP