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Le Chinois Geely pourrait racheter la moitié de Smart

La marque de petites voitures citadines Smart.

La marque de petites voitures citadines Smart. - Smart

Après être devenu le premier actionnaire de Daimler l’an dernier, par l’intermédiaire de son patron, le Chinois Geely pourrait acquérir la moitié de Smart. Il possède déjà le Suédois Volvo.

Smart bientôt chinois? C’est ce que pense savoir le Financial Times. Daimler, propriétaire de Smart, pourrait céder 50% de la marque de petites voitures au Chinois Geely. La transaction serait officiellement annoncée mi avril, au salon de Shanghai (Chine).

Geely, premier actionnaire de Daimler

Geely n’est pas inconnu dans la galaxie Daimler. Il y a plus d’un an, en février 2018, Li Shufu, le patron de Geely, était devenu le premier actionnaire de Daimler, avec 9,69% des parts de la maison-mère de Mercedes. Cette montée au capital très discrète avait suscité beaucoup d’inquiétudes outre-Rhin, comme dans le secteur automobile. Carlos Ghosn, alors président de l’Alliance Renault-Nissan, avait lui évoqué "une stratégie déroutante".

Geely n’est pourtant pas un novice dans le monde automobile. Le constructeur a sorti sa première voiture en 1998. Vingt ans plus tard, il affiche un bénéfice de 1,65 milliard d’euros, soit une hausse de 18% par rapport à l’année précédente. Basé sur un positionnement plus haut de gamme que d’autres acteurs chinois, Geely a su séduire les consommateurs locaux. C’est avec cet argent qu’il rachète des marques, afin d’acquérir des technologies. 

"Geely n’a pas de partenaire localement, contrairement aux autres constructeurs chinois, nous expliquait l’an dernier Frédéric Fréry, professeur de stratégie à l’ESCP, au moment de la montée au capital de Geely dans Daimler. Ils sont donc dans une logique d’achat, car ils n’ont pas naturellement cet accès aux technologies des constructeurs occidentaux comme les autres groupes chinois. Ils ont de l’argent, alors ils rachètent".

Smart, une marque populaire aux résultats en demi-teinte

En 2010, Geely a ainsi racheté Volvo, au bord du gouffre. Après la prise de participation dans Daimler, Smart représenterait un nouveau pas en avant pour Geely. Populaire côté images, la marque de petites voitures afficherait des pertes depuis sa création il y a 21 ans. Selon les analystes financiers Evercore ISI, Smart perdrait annuellement entre 500 et 700 millions d'euros.

Pour limiter les coûts, Daimler a fait appel à son partenaire Renault pour développer la dernière génération de Smart, qui n’est autre qu’une cousine technique de la Twingo. Afin de rentabiliser l’usine de Smart, située en Moselle à Hambach, Daimler avait aussi annoncé l’an dernier, que l’un des modèles électriques de Mercedes y sera produit. Reuters rappelle par ailleurs que le groupe allemand a choisi de faire de Smart une marque 100% électrique, plutôt tournée vers la mobilité.

Ces décisions ne semblent cependant pas avoir assuré l’avenir de Smart au sein de Daimler. L'an dernier, les ventes globales de Smart ont chuté de 4,6%, avec seulement 129.000 voitures vendues dans le monde. Si cette prise de participation majoritaire se confirme, reste désormais à savoir comment les autorités allemandes et françaises accueilleront ce nouveau mouvement de Geely, et de Li Shufu, proche du président chinois.

Pauline Ducamp