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La "honte de prendre l’avion" va plomber la croissance de l’aérien et les revenus d'Airbus

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- - CHRISTOF STACHE / AFP

La banque suisse UBS affirme que ce phénomène assez récent de consommateurs qui renoncent à prendre l’avion en raison de son empreinte écologique, va réduire de moitié la croissance attendue du trafic aérien.

Le "flygskam", ce néologisme suédois qui désigne la honte de prendre l’avion en raison de sa nocivité pour l’environnement, se répand à toute vitesse en Occident. C’est ce qu’a constaté la banque UBS en interrogeant plus de 6000 personnes -des Britanniques, des Américains, des Allemands et des Français- sur leurs habitudes de vol.

En effet, plus d’1 sondé sur 5 a affirmé avoir au moins une fois changé ses plans pour éviter de prendre l’avion au cours de l’année écoulée. Bien plus élevée qu’en mai 2019, quand UBS avait réalisé sa première enquête sur le sujet. Et 27% du panel dit réfléchir à moins voler à l’avenir.

Ce phénomène prend une telle ampleur qu’il pourrait réduire de moitié la hausse attendue du trafic aérien pour les prochaines années. Airbus et Boeing estiment que le nombre de passagers aériens augmente de 4 à 5% chaque année. Or pour UBS, en raison de la "honte de voler", cette croissance n’atteindra pas la moitié de ces taux. Elle sera au mieux de 1,5% en Europe, et de 1,3% aux États-Unis.

Si les projections d’UBS s’avéraient fiables, les commandes d’avions pourraient chuter dans les années à venir. La banque estime qu’en conséquence, les revenus d’Airbus pourraient reculer de 2,8 milliards d’euros par an.

En Suède, patrie de Greta Thunberg et premier pays à avoir instauré une écotaxe sur l’avion, l’impact du flygskam sur le trafic aérien est déjà sensible. Le nombre de passager a baissé de près de 4% au premier semestre 2019, et même de 8,7% sur les vols domestiques.

Nina Godart