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La centrale à charbon de l'ouest de la France fonctionnera jusqu'en 2024 voire 2026

La centrale de Cordemais tournera ainsi entre 200 et 500 heures par an à partir de 2022 contre 4500 heures aujourd'hui, prévoit EDF.

La centrale de Cordemais tournera ainsi entre 200 et 500 heures par an à partir de 2022 contre 4500 heures aujourd'hui, prévoit EDF. - Sebastien SALOM-GOMIS-AFP

La centrale à charbon EDF de Cordemais (Loire-Atlantique) continuera à fonctionner jusqu'en 2024 voire 2026, à un bas régime compatible avec la loi sur la fermeture des quatre centrales à charbon françaises en 2022, a annoncé ce lundi le gouvernement.

La centrale à charbon EDF de Cordemais à l'ouest de Nantes (Loire-Atlantique) qui alimente en électricité la Bretagne, ne s'arrêtera pas en 2022, comme il est prévu pour ses trois autres homologues encore en fonctionnement en France. 

"On en a besoin à 10% de son fonctionnement actuel, entre 2022 et 2024 voire, potentiellement, jusqu'en 2026 maximum mais pas au-delà", a indiqué la secrétaire d'Etat à la Transition écologique et solidaire Emmanuelle Wargon, au Havre. La centrale de Cordemais tournera ainsi entre 200 et 500 heures par an à partir de 2022 contre 4.500 heures aujourd'hui, a-t-elle précisé.

Son fonctionnement après 2024 sera sous conditions

Son fonctionnement au-delà de 2024 "est conditionné à la sécurité d'approvisionnement, elle-même conditionnée à la mise en service de l'EPR et/ou au reste de la sécurité d'approvisionnement: la mise en service de la centrale (bretonne à gaz, ndlr) de Landivisiau notamment et le calendrier de révision des différents sites EDF", a expliqué la secrétaire d'État, attendue vendredi prochain (17 janvier) à Cordemais.

En novembre 2019, RTE avait prôné cette prolongation d'activité à bas régime à Cordemais en soulignant qu'elle était compatible avec la loi sur la fermeture des quatre centrales à charbon. Avec l'arrêt prévu des centrales à charbon, la sécurité d'approvisionnement électrique de la France doit faire l'objet d'une "vigilance" en 2022-2023, a justifié la filiale d'EDF qui gère le réseau haute tension.

À Cordemais, "on en train d'explorer un projet pour amorcer la création d'une filière de bois pellets, c'est-à-dire à haute valeur énergétique"; dans un premier temps, elle alimenterait la centrale et trouverait des débouchés ailleurs après sa fermeture. Ce projet pose toutefois des "questions de pollution de l'air" selon la ministre. C'est pourquoi il n'est envisagé qu'à Cordemais, qui est "obligée de continuer à tourner", et non au Havre où ne se posent pas les mêmes questions de sécurité d'approvisionnement.

"Quatre centrales à charbon c'est 4 millions de voitures par an. C'est très significatif en gaz à effet de serre", a souligné Emmanuelle Wargon. Outre Le Havre et Cordemais (toutes deux exploitées par EDF), Saint-Avold (Moselle), doit fermer "au deuxième trimestre 2022", selon la secrétaire d'État qui doit s'y rendre jeudi prochain, et Gardanne (Bouches du Rhône) en 2022. Ces deux autres centrales sont exploitées par EPH, propriété du milliardaire tchèque Daniel Kretinsky.

La déconstruction des centrales à charbon prendra "un certain nombre d'années", a par ailleurs indiqué Cédric Lewandowski, directeur du parc nucléaire et thermique d'EDF. Interrogé sur son coût, il a répondu: "secret de la maison".

Frédéric Bergé avec AFP