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L'industrie réclame une baisse massive des impôts de production

Un rapport, réalisé par l'Institut Montaigne et le Mouvement des entreprises intermédiaires (Meti), préconise un "choc fiscal" pour relancer l'industrie, toujours fragile en France.

Plus de 15 milliards d'euros. C'est l'ampleur du "choc fiscal" réclamé par les entreprises de taille intermédiaire (ETI) pour l'industrie française. Une étude réalisée par l'Institut Montaigne, le Mouvement des entreprises intermédiaires (Meti) et le cabinet Asterès, et dévoilée par les Echos, préconise ainsi une baisse massive des impôts de production, régulièrement critiqués par les professionnels du secteur. "Il faut un geste significatif pour créer une dynamique" se justifie Frédéric Coirier, PDG du groupe Poujoulat et coprésident du Meti, auprès du quotidien économique.

Si Bruno Le Maire, le ministre de l'Economie et des Finances, s'est déjà montré ouvert à une baisse de cette fiscalité, le gouvernement a préféré remettre à plus tard ce dossier, arguant que les baisses de charges sur les bas salaires et la prochaine baisse de l'impôt sur les sociétés étaient suffisantes pour les entreprises. Du moins pour le moment.

"Les impôts les plus imbéciles au monde"

Reste que les impôts de production sont une exception française, régulièrement dénoncée. "Aujourd'hui, il y a une aberration totale" soulignait, le 12 septembre dernier sur BFM Business, Bruno Grandjean, président de l’Alliance industrie du Futur (AIF). "On a, comme ça, un impôt sur la valeur ajoutée qui est aberration économique. Si on a fait, ne serait-ce que quelques mois d'économie, on comprend bien que taxer le bénéfice, c'est logique, on partage avec la communauté qui a rendu possible ce bénéfice, les fruits de la réussite d'investissements. Taxer l'investissement, la valeur ajoutée, c'est une aberration économique. Personne ne le fait. La France a les impôts les plus imbéciles au monde."

Très divers, les impôts de production représentent environ 70 milliards d'euros de recettes pour l'Etat. "L'Etat n'a pas vocation à remplacer 70 milliards d'euros d'impôts et il n'en a évidemment pas les moyens", a prévenu, il y a 15 jours, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin. En clair, sans compensation extérieure, difficile d'en finir avec cette fiscalité.

D'autant plus que, si l'industrie française reste fragile, elle a repris des couleurs ces derniers mois. Quand la zone euro, et notamment l'Allemagne, est en souffrance, l'hexagone affiche une belle dynamique en août et un repli plus contenu que les autres en septembre, selon l'enquête PMI IHS Markit.

Pour l'Institut Montaigne, certaines suppressions restent tout de même des priorités : celle de la taxe foncière sur les propriétés bâties (6,5 milliards d'euros), celle de la Contribution sociale de solidarité des sociétés (C3S). Et pour compenser cette baisse de taxes, le think tank propose notamment de relever la TVA de 0,5 point, ce qui rapporterait 5,3 milliards d'euros, et d'accentuer la baisse des dépenses publiques.

Thomas Leroy