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L'Etat soutient la vente de l'activité réacteur d'Areva à EDF

EDF devrait bien récupérer l'activité réacteurs nucléaires d'Areva.

EDF devrait bien récupérer l'activité réacteurs nucléaires d'Areva. - PHILIPPE DESMAZES - AFP

La piste de la cession du gros de l'activité d'Areva, la conception de réacteurs nucléaires, à EDF, est bien celle favorisée par l'Etat, qui a officialisé ce parti-pris ce 3 juin.

"L'Etat recapitalisera Areva, en investisseur avisé, à la hauteur nécessaire", c'est le message de l'exécutif à l'issue de la réunion qui se tenait à l'Elysée ce 3 mai pour évoquer l'avenir du groupe. Un apport de fonds frais qui ne devrait pas suffire à redresser l'ex-fleuron de l'atome aujourd'hui en difficulté. C'est pourquoi la cession de l'activité réacteur nucléaire du fleuron de l'atome à EDF est la piste favorisée par l'Etat, actionnaire de manière directe et indirect à près de 87% d'Areva.

EDF a "vocation à devenir actionnaire majoritaire" de l'activité réacteurs d'Areva, a ainsi ajouté l'Elysée par communiqué, quelques minutes après que le site internet du Figaro ait dévoilé que c'était la direction choisie par l'exécutif. Citant des sources concordantes, le site du quotidien précise que "la réunion qui s'est tenue ce mercredi à l'Elysée autour de François Hollande, et en présence de Manuel Valls, Emmanuel Macron, Michel Sapin, et Ségolène Royal auraient conclu à la pertinence de ce schéma pour refonder l'organisation de la filière nucléaire française".

Areva a réagi à l'annonce du gouvernement via un communiqué dans lequel l'entreprise précise qu'il travaillera "dans un esprit de complète coopération" avec EDF.

Un prix de cession pas encore défini

Dans ce scénario, EDF deviendrait actionnaire majoritaire d'Areva NP. Ce qui reste d'Areva serait également actionnaire de cette branche, mais de manière minoritaire donc. D'autres "partenaires industriels" pourraient en outre prendre des participations dans le nouvel ensemble. "C'est schématiquement l'offre indicative qu'avait faite EDF à Areva et à l'Etat actionnaire il y a dix jours", souligne le site du quotidien.

Alors que se tenait cette réunion à l'Elysée ce mercredi, le porte-parole du gouvernement, Stéphane Le Foll, avait affirmé qu'aucune décision formelle ne serait annoncée avant le mois de juillet.

Depuis l'annonce par Areva de pertes record en 2014, l'Etat actionnaire est à la manœuvre pour trouver des solutions à même de sortir le groupe de l'ornière. Jean-Bernard Lévy, le PDG d'EDF, a annoncé mi-mai que son groupe était désireux de récupérer la branche ingénierie d'Areva, mais à condition de l'obtenir "à un prix de marché".

N.G.