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Henri Proglio renonce à la présidence de Thalès

Henri Proglio jette l'éponge ce 12 mai, et renonce à prendre la présidence non-exécutive de Thalès.

Henri Proglio jette l'éponge ce 12 mai, et renonce à prendre la présidence non-exécutive de Thalès. - Eric Piermont - AFP

L'ex-patron d'EDF et de Veolia ne prendra finalement pas la présidence non-exécutive de Thalès. Il annonce dans Le Monde y renoncer, ce 12 mai, et dénonce une "campagne" de Bercy contre lui. Une accusation balayée par le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, un peu plus tard ce mardi.

L'ex-PDG d'EDF, désigné pour former un tandem à la tête de Thalès afin de remplacer Jean-Bernard Levy, lui-même parti chez EDF, renonce à la présidence du groupe, à en croire Le Monde ce 12 mai. Dans un entretien accordé au quotidien, Henri Proglio a dénoncé une "campagne" de Bercy contre lui, et a dit en avoir "assez du soupçon, de l'humiliation".

Des accusations très vite balayée par le ministre de l'Economie, Emmanuel Macron, ce mardi. "Il était normal que nous demandions à Henri Proglio de choisir entre des fonctions éminentes de dirigeant même non exécutif à la tête de Thalès et des engagements réels, rémunérés auprès de grands acteurs du secteur militaire et civil, en particulier nucléaire, russe. Cela ne nous paraissait pas compatible. C'est un problème d'éthique et de conflit d'intérêt", a-t-il dit, assurant: "Je n'ai pas alimenté de campagne, j'ai du respect pour l'homme, pour le dirigeant qu'il a été à la tête de Veolia et d'EDF".

Désaccords sur sa nomination, sur son salaire...

Ce week-end, le ministère de l'Economie a demandé à l'ex-patron d'EDF et de Veolia de couper tout lien avec Rosatom, l'agence russe de l'énergie atomique, "pour éviter de possibles conflits d'intérêt" lorsqu'il serait à la tête du groupe d'électronique de défense. Il "n'est pas envisageable de nommer à la tête de Thales un président qui, par ailleurs, est rémunéré par Rosatom", a indiqué une source du ministère, citée par le quotidien Libération. L'avocat de Proglio avait répondu que le rôle de son client auprès de Rosatom "ne porte pas sur des points stratégiques susceptibles d'influencer les prises de décision au sein du groupe Thales".

Déjà en février, des désaccords entre Henri Proglio et le gouvernement étaient intervenus à propos du futur salaire de celui qui devait présider Thalès. L'ex-PDG d'EDF réclamait 400.000 euros par an, quand l'Etat n'était disposé qu'à lui en accorder 140.000. Finalement, il aurait accepté cette rémunération.

Henri Proglio avait été choisi pour assurer la présidence non-exécutive de Thales aux termes d'un laborieux compromis entre le groupe Dassault Aviation et l'Etat, les deux grands actionnaires du groupe d'électronique de défense. Sa nomination devait être entérinée par l'assemblée générale de Thales, qui se réunit mercredi.

N.G. avec agences