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Efficacité, production, risque de thromboses..: Pfizer fait le point sur son vaccin

David Lepoittevin, responsable de l'activité vaccins de Pfizer France, était invité sur le plateau de BFMTV ce vendredi.

Tous les voyants sont au vert pour Pfizer. Grâce à son partenariat avec le laboratoire allemand BioNTech, le laboratoire américain peut désormais se targuer de proposer un vaccin d'une efficacité redoutable, quand AstraZeneca s'embourbe dans des retards de livraisons et des risques de thromboses.

Invité sur BFTMV ce vendredi, David Lepoittevin, responsable de l'activité vaccins de Pfizer France est revenu sur les grands sujets du moment autour de son vaccin.

L'efficacité face aux variants

Trois variants agitent actuellement le monde médical: le variant britannique (majoritaire), le variant sud-africain et le variant brésilien.

Sur ces trois variants, nous avons de tests en cours, en permanence, qui vérifient en laboratoire l'efficacité neutralisante du sérum des patients qui ont été vaccinés", explique David Lepoittevin. "Et là, les résultats sont très bons, on maintient un très haut niveau d'efficacité. Et derrière, il y a ces études en vie réelle qui nous permettent de vérifier l'efficacité." Par exemple, "en Israël, le variant prédominant qui circulait était le variant anglais" explique-t-il. Et le vaccin Pfizer a prouvé son efficacité sur la population.

"De la même façon, nous avons analysé des données un peu plus précises sur des populations sud-africaines qui étaient incluses dans notre essai de phase 3 (réalisée fin 2020, ndlr) et là aussi, on s'aperçoit qu'on a un niveau d'efficacité extrêmement élevé", assure David Lepoittevin.

L'efficacité du vaccin pour empêcher la transmission

Si le vaccin empêche les formes graves, une question reste en suspens: empêche-t-il la transmission du virus?

On commence à avoir beaucoup d'indices qui vont nous permettre de pouvoir conclure si oui ou non, on évite la transmission, souligne le "Monsieur vaccin" de Pfizer France. Encore une fois, sur certaines études, on s'aperçoit qu'on est aussi très efficace sur les formes asymptomatiques (…) donc on peut imaginer que tous ces indices vont corroborer l'hypothèse que nous sommes efficaces aussi sur la transmission".

La durée de protection du vaccin

On le saura avec le temps, résume David Lepoittevin. Aujourd'hui, à plus de 6 mois après la deuxième injection, on est toujours sur des niveaux d'efficacité supérieurs à 90%. Donc, c'est tout à fait rassurant sur la capacité à prolonger dans le temps, la protection."

Faudra-t-il un rappel pour les personnes vaccinées? "Un essai est en cours aux Etats-Unis qui va nous permettre d'évaluer l'intérêt pour ces personnes, issues de phase 3, qui ont déjà eu les deux doses", indique-t-il.

Le risque de thromboses

Rappelant que plus 200 millions de personnes avaient été vaccinées, "nous n'avons pas d'effet indésirables inattendues, pas de signal lié aux thromboses avec le vaccin Pfizer", tranche David Lepoittevin.

L'accélération de la production

Les moins de 55 ans, qui ont reçu une première dose d'AstraZeneca, devraient recevoir une dose de vaccin ARN Messager (Pfizer ou Moderna), cela représente 500.000 personnes à court terme. Pfizer peut-il répondre à la demande? "On a les moyens d'augmenter graduellement notre capacité de production", assure David Lepoittevin.

Sur le deuxième trimestre de cette année, on va livrer 29,5 millions de doses (…) on peut encore accélérer, on a encore de la marge de manœuvre", précise David Lepoittevin. Mais cela implique une nouvelle commande formelle de la part de l'Union européenne.

Faut-il vacciner les enfants?

La question de la vaccination des enfants pour endiguer la pandémie se pose. Pour le moment, le vaccin de Pfizer est recommandé aux plus de 16 ans, mais des études ont démontré son efficacité sur les adolescents. "Sur les enfants de 6 mois à 11 ans, nous sommes en train de mettre en place un test pour pouvoir vérifier l'intérêt de vacciner des enfants en bas âge", explique David Lepoittevin.

Les effets de l'ARN Messager sur les patients

"Seul le temps permet de vérifier les choses, reconnaît David Lepoittevin. Mais nous sommes extrêmement confiants sur la façon dont cela se passe aujourd'hui, on commence à voir beaucoup de recul plus de 200 millions. Le risque zéro n'existe pas" mais "tout est mis en place pour garantir la bonne sécurité de notre vaccin."

Thomas Leroy Journaliste BFM Business