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Devant les actionnaires de Renault, Senard promet de consolider l'alliance avec Nissan

"Aujourd'hui, l'alliance prend un nouveau départ et elle est et doit rester plus que jamais à la fois un pilier et un moteur du développement de chacun de ses membres", a martelé Jean-Dominique Senard, président de Renault

"Aujourd'hui, l'alliance prend un nouveau départ et elle est et doit rester plus que jamais à la fois un pilier et un moteur du développement de chacun de ses membres", a martelé Jean-Dominique Senard, président de Renault - -

Jean-Dominique Senard a confirmé mercredi la priorité donnée au partenariat avec les constructeurs automobiles japonais Nissan et Mitsubishi, devant les actionnaires du groupe français réunis en assemblée générale.

"Il n'y aura pas de réussite du groupe Renault sans réussite de l'Alliance" avec Nissan et Mitsubishi, a affirmé Jean-Dominique Senard, président de Renault, devant les actionnaires du groupe français réunis en assemblée générale. "Aujourd'hui, l'alliance prend un nouveau départ et elle est et doit rester plus que jamais à la fois un pilier et un moteur du développement de chacun de ses membres", a-t-il ajouté.

Il s'exprimait pour la première fois devant l'assemblée générale, au Palais des Congrès à Paris. Signe de l'intérêt des actionnaires, la direction du groupe au losange estimait l'affluence en hausse de 50% par rapport à l'an dernier, soit environ 900 personnes. Jean-Dominique Senard a bénéficié d'un vote de confiance, près de 91% des voix de l'assemblée générale approuvant sa nomination pour quatre ans au conseil d'administration de Renault.

L'affaire Ghosn aura coûté cher

Il s'agissait de la première AG depuis la chute de Carlos Ghosn, embourbé dans une affaire de malversations présumées au Japon. L'affaire, qui a démarré par son arrestation au Japon en novembre, a miné la confiance au sein du partenariat franco-japonais. L'affaire Ghosn aura aussi coûté cher aux actionnaires de Renault. Depuis l'arrestation de l'homme d'affaires, architecte de l'alliance avec Nissan et Mitsubishi qu'il a hissée au premier rang automobile mondial, l'action du constructeur français évolue à ses plus bas niveaux, aux alentours de 55 euros. En un an, le titre Renault a perdu un tiers de sa valeur.

Mais certains actionnaires reprochent aux administrateurs de Renault de ne pas avoir suffisamment exercé leur vigilance à l'égard de la gestion de Carlos Ghosn. La réunion de mercredi est pourtant restée très calme, Jean-Dominique Senard étant applaudi à plusieurs reprises par le public. Renault a annoncé récemment qu'il envisageait des poursuites contre Carlos Ghosn pour avoir engagé 11 millions d'euros de dépenses suspectes au sein d'une filiale commune avec Nissan, basée aux Pays-Bas.

Fusion avec FCA: une suggestion de Bruno Le Maire

Mercredi, les actionnaires ont massivement voté contre l'octroi à l'ancien PDG de sa rémunération variable pour 2018, comme le demandait le conseil d'administration, réduisant ses émoluments à son seul salaire fixe d'un montant de 1 million d'euros brut. Jean-Dominique Senard a également pris la parole mercredi pour s'expliquer longuement sur l'échec du projet de mariage avec Fiat Chrysler (FCA) la semaine dernière, projet qui avait été annoncé seulement onze jours plus tôt.

"Les représentants de l'Etat n'ont pas partagé (notre) analyse et le vote (qui aurait approuvé la poursuite des négociations) n'a pu avoir lieu, ce qui personnellement me déçoit", a-t-il déclaré, sans fermer la porte à une éventuelle reprise des discussions avec le groupe italo-américain. Il a révélé que c'était le ministre de l'Economie Bruno Le Maire qui lui avait "suggéré il y a quelques mois de prendre contact avec les dirigeants de Fiat Chrysler".

Bercy affirme que l'Etat "n'a pas fait capoter" le mariage

Mais après une semaine de discussions, Fiat Chrysler a retiré son offre lorsque l'Etat français, premier actionnaire de Renault avec 15,01% du capital, a demandé un délai supplémentaire pour que Nissan soit consulté et donne son accord. "Lorsqu’il devient clair que les conversations sont arrivées à un point au-delà duquel il devient déraisonnable de se rendre, il est nécessaire d’être tout aussi courageux pour les interrompre", avait par la suite expliqué dans une lettre envoyée aux salariés du groupe le patron de FCA John Elkann. Une manière à peine déguisée de mettre en cause l'Etat français. 

Cette version vient d'être démentie par Bercy. Ce jeudi, le ministre des Finances Bruno Le Maire a assuré que l'Etat n'avait "pas fait capoter" le mariage entre Renault et Fiat Chrysler (FCA), juste avant une rencontre à Bercy avec le président du constructeur automobile français, Jean-Dominique Senard. "Nous n'avons pas fait capoter le mariage entre Renault et Fiat", a affirmé le ministre sur France Info. "Tant que l'Etat sera actionnaire de référence de Renault, il jouera pleinement et entièrement ce rôle", a-t-il ajouté.

P.S. avec AFP