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Ce qu'il manque à Ariane 6 pour décoller

La coentreprise d'Airbus et Safran évalue à 3,41 milliards d'euros le coût d'Ariane 6

La coentreprise d'Airbus et Safran évalue à 3,41 milliards d'euros le coût d'Ariane 6 - ESA - AFP

800 millions d'euros supplémentaires seraient nécessaires pour développer le futur lanceur, selon des informations rapportées par LaTribune.fr, ce mardi 3 mars. Les Etats pourraient être mis à contribution.

Désaccord autour du coût d'Ariane 6. Comme le rapporte ce mardi 3 mars LaTribune.fr, l'entreprise Airbus Safran Launchers (ASL) estime dans un courrier à l'Agence spatiale européenne (ESA) qu'il manque "plus de 800 millions d'euros" pour développer le futur lanceur.

Le patron d'ASL, Alain Charmeau, a ainsi écrit à celui de l'ESA, Jean-Jacques Dordain, pour lui demander une "clarification" à ce propos, précise le quotidien en ligne.

"Il y a un écart de plus de 800 millions d'euros entre le coût plafond engagé par Airbus Safran Launchers et ses partenaires industriels pour le développement du système de lancement Ariane 6, et notre compréhension du budget disponible pour les contrats de développements industriels", écrit Alain Charmeau dans ce courrier, adressé le 27 janvier.

"Une clarification pour combler cet écart serait très utile à court terme pour que l'industrie puisse préparer sa proposition attendue (en avril 2015, ndlr) pour le développement complet du système de lanceur Ariane 6, dans les deux mois prochains", précise-t-il. Interrogé par l'AFP, Airbus Group n'a pas souhaité faire de commentaires.

3,41 milliards ou 2,51 milliards

Le lancement du programme Ariane 6, qui doit remplacer l'actuel lanceur Ariane 5 à l'horizon 2020, a été décidé le 2 décembre dernier lors d'une conférence ministérielle européenne à Luxembourg.

Selon LaTribune, le coût du développement d'Ariane 6 a été évalué à 3,41 milliards d'euros par Airbus et Safran (dont 3,21 milliards de coûts non-récurrents), mais la somme que l'ESA destine aux industriels pour développer le lanceur est de 2,54 milliards.

Pour combler cet écart, le patron de la coentreprise Airbus Safran évoque une augmentation de 5% de la contribution des Etats qui financent Ariane 6, après quoi les industriels seraient prêts à combler une petite partie du trou "s'il y a vraiment un business case" (modèle économique). Il propose également "évolutions dans la distribution géographique des activités industrielles" d'Ariane 6 afin de réduire encore davantage les coûts du programme.

J.M. avec AFP