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Après avoir investi 738 millions d'euros, le CEA stoppe son projet de réacteur nucléaire de 4e génération

Les études de conception du projet Astrid ont commencé en 2010 sous la houlette du CEA, maître d’ouvrage de ce programme de réacteurs nucléaires de 4ème génération.

Les études de conception du projet Astrid ont commencé en 2010 sous la houlette du CEA, maître d’ouvrage de ce programme de réacteurs nucléaires de 4ème génération. - Guillaume Souvant-AFP

Le projet Astrid, engagé pour développer une quatrième génération de réacteur nucléaire, a été stoppé par le CEA (commissariat à l'énergie atomique). Selon Le Monde, l'équipe de 25 ingénieurs qui coordonnait le programme n'est plus active depuis le printemps 2019.

La filière nucléaire française n'aura pas de réacteur de quatrième génération, la troisième étant représentée en France par l'EPR de Flamanville (Manche), réacteur englué dans des retards techniques à répétition.

"La cellule de vingt-cinq personnes qui coordonnait le programme a été fermée au printemps" explique Le Monde. Le quotidien a obtenu une confirmation de l'arrêt du programme baptisé Astrid de la part du CEA (commissariat à l'énergie atomique), maître d'ouvrage, qui précise que "le projet de construction d’un réacteur prototype n’est pas prévu à court ou moyen terme."

​Les études de conception d’Astrid ont commencé en 2010 sur la base d'un projet de réacteur de 600 MWe à neutron rapide refroidi au sodium (comme pour le défunt Superphénix). Ce type de réacteurs à neutrons rapides intéressent l’industrie nucléaire notamment par leur capacité à mieux utiliser l'uranium et à multirecycler le plutonium, matières radioactives employées par les réacteurs nucléaires de deuxième génération du parc français actuel.

Outre qu'ils peuvent brûler tout type d’uranium, ils ont la capacité d'utiliser sans limitation tout le plutonium produit par le parc actuel des réacteurs à eau légère ou par eux-mêmes, "ce qui permet d’assurer une gestion rationnelle et pérenne du plutonium, justifiant ainsi pleinement son statut de matière énergétique valorisée" expliquait le CEA.

Selon une estimation de la Cour des comptes, près de 738 millions d’euros ont été investis dans ce plan à fin 2017, dont près de 500 millions proviennent du grand emprunt du Programme d’investissements.

Frédéric Bergé