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Airbus s'inspire du vol des oies pour économiser du kérosène

Airbus a prévu de s'inspirer des oies migratrices qui volent groupées en "V" pour économiser de l'énergie. Son programme "fello'fly" préconise de recourir à cette technique de vol qui devrait générer des économies de carburant allant de 5 à 10% par vol, contribuant à réduire les émissions de CO2 conformément à ses engagements.

Quand les oiseaux inspirent à nouveau l'aéronautique... Airbus a présenté, lors du salon aéronautique de Dubaï qui se tient cette semaine, un programme baptisé "fello'fly", directement inspiré du vol en "V" des oies migratrices, pour économiser du kérosène.

"Lorsqu'un oiseau bat des ailes, de l'air passe sur les ailes et tourbillonne vers le haut derrière les extrémités des ailes. Cet écoulement crée un sillage, mouvement d'air tourbillonnant contenant de l'énergie cinétique. Les oiseaux migrateurs en tête volant en formation groupée fournissent l'effort pour ceux qui suivent derrière, lesquels bénéficient des turbulences ainsi créées, en restant en l'air et en dépensant beaucoup moins d'énergie" explique l'avionneur.
"Lorsqu'un oiseau bat des ailes, de l'air passe sur les ailes et tourbillonne vers le haut derrière les extrémités des ailes. Cet écoulement crée un sillage, qui est un mouvement d'air tourbillonnant contenant de l'énergie cinétique".
"Lorsqu'un oiseau bat des ailes, de l'air passe sur les ailes et tourbillonne vers le haut derrière les extrémités des ailes. Cet écoulement crée un sillage, qui est un mouvement d'air tourbillonnant contenant de l'énergie cinétique". © "Lorsqu'un oiseau bat des ailes, de l'air passe sur les ailes et tourbillonne vers le haut derrière les extrémités des ailes. Cet écoulement crée un sillage, qui est un mouvement d'air tourbillonnant contenant de l'énergie cinétique".. Airbus

Selon Airbus, cette technique de vol pourrait fournir aux avions une portance libre leur permettant de réduire la poussée des moteurs et la consommation de carburant. Son intérêt prendrait tout son sens sur des vols long-courriers, organisés en formation (en duo ou en groupe) avec un avion leader et un (ou plusieurs) avion(s) suiveurs(s) à distance suffisante pour profiter du sillage du premier.

En effet, comme les oiseaux, chaque avion crée un sillage en vol: "voler ensemble pourrait donc aider les aéronefs à récupérer l’énergie cinétique perdue en plaçant un aéronef suiveur dans le balayage ascendant de l’un des sillages de l’avion en tête" argumente l'avionneur qui doit se plier à l'engagement du milieu aéronautique à réduire ses émissions de CO2 de 50% d'ici 2050.

Airbus a déjà procédé en 2016, à une série de tests en vol démontrant que des économies de kérosène pouvaient être réalisées lorsque deux avions volaient à environ 3 kilomètres l'un de l'autre. Aujourd'hui, la technologie de gestion du trafic aérien, notamment le suivi des vols en temps réel, a nettement évolué, rendant possible ces vols rapprochés entre deux avions dans l'espace aérien, sans compromettre la sécurité.

"Nous travaillons au développement des fonctions nécessaires pour aider les pilotes à rester en position derrière le leader en toute sécurité pendant un vol long-courrier" explique Nick Macdonald, directeur du programme "fello’fly" qui vise générer pour Airbus des économies de carburant allant de 5 à 10% par voyage. Cela signifie que plusieurs tonnes de carburant et d’émissions de CO2 pourraient être économisées lors de chaque trajet dans le cadre de deux avions en vol, avec un leader et un suiveur, dans un premier temps.

Frédéric Bergé