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Grève annoncée sur les dessertes entre la Corse et le continent

Le trafic maritime entre la Corse et Marseille devrait être fortement perturbé à partir de jeudi en raison d'un préavis de grève des marins CGT de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) et de la Compagnie méridionale de navigation (CMN). /Photo d'

Le trafic maritime entre la Corse et Marseille devrait être fortement perturbé à partir de jeudi en raison d'un préavis de grève des marins CGT de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) et de la Compagnie méridionale de navigation (CMN). /Photo d' - -

MARSEILLE - Le trafic maritime entre la Corse et Marseille devrait être fortement perturbé à partir de jeudi en raison d'un préavis de grève des...

MARSEILLE (Reuters) - Le trafic maritime entre la Corse et Marseille devrait être fortement perturbé à partir de jeudi en raison d'un préavis de grève des marins CGT de la Société nationale Corse Méditerranée (SNCM) et de la Compagnie méridionale de navigation (CMN).

Reconductible de 24 heures en 24 heures, le mouvement intervient à la veille des vacances scolaires qui augmentent traditionnellement le trafic maritime entre la Corse et le continent.

Les marins protestent contre l'arrivée d'un nouvel opérateur italien, Moby Lines, qui doit ouvrir une liaison le 1er avril entre Toulon et Bastia.

"Conformément aux engagements du gouvernement, on demande à ce que l'Etat renforce la garantie qu'il ne puisse y avoir d'ouverture de ligne alors qu'une mission parlementaire doit faire la transparence sur les sommes distribuées à ces compagnies sous pavillon international", a dit à Reuters le secrétaire général des marins CGT de la SNCM, Frédéric Alpozzo.

L'arrivée de l'armateur italien était déjà à l'origine de la grève qui a paralysé pendant près d'une semaine les dessertes entre l'île et le continent au mois de février.

Au coeur des débats se trouve la délégation de service public assurée par la SNCM et la CMN pour les liaisons maritimes entre Marseille et la Corse, dont le budget a été réduit de 10%, fin 2009, par l'assemblée de Corse.

Les syndicats dénoncent notamment l'aide sociale versée aux opérateurs entre Toulon, Nice et la Corse, 12 euros pour certaines catégories de passagers embarquant sur la Côte d'Azur, qui profitent pleinement à un autre armateur concurrent, la Corsica Ferries.

Les tensions suscitées par la concurrence exacerbée entre les compagnies françaises et italiennes ont conduit à la création d'une mission parlementaire confiée au sénateur Charles Revet. Elle doit analyser les dispositifs d'aides publiques liées à la desserte de la Corse et "formuler si nécessaire des ajustements de ces aides afin que la concurrence entre compagnies maritimes soit équitable".

"On attend du gouvernement que la situation reste inchangée pendant la durée de cette mission et pendant les débats qui s'ensuivront à l'assemblée de Corse", a dit le responsable de la CGT.

Jean-François Rosnoblet, édité par Yves Clarisse